LA PHYSIQUE à LILLE
Depuis le
début du 19 ème siècle jusqu'à 1970
Par René
FOURET, revu par Henri DUBOIS
Avant propos
Cette
histoire de la Physique a été établie à partir des Annales de l'Université,
c'est-à-dire d'après les rapports écrits par les Doyens des Facultés des
Sciences. Ils font état des enseignements des professeurs, de la liste de leurs
travaux personnels, du nombre d'étudiants ayant assisté aux cours, aux examens
ou reçus à ces derniers. Ils relatent également les évènements qui, de près ou
de loin, furent en relation avec les Universités et constituèrent sa vie. Mais
l'importance des différents points abordés est très variable et dépend du
caractère et de l'humeur du rédacteur ; cela va de" notre enseignement n'a
offert, pendant l'année scolaire qui vient de s'écouler, aucune particularité
qui mérite d'être signalée d'une manière spéciale", au lyrisme du Vice-Président
du Conseil Général des Facultés parlant de l'année 1895, année de l'inauguration
des nouvelles constructions, "comme l'année d'une date ineffaçable dans la
longue vie de notre jeune Université". Le Doyen Pruvost, pour renouveler le
genre, présenta le résumé de l'activité Universitaire comme une dissertation
littéraire.
Nos
prédécesseurs ont eu aussi le souci de tenir compte de l'activité régionale.
Cela conduit, en particulier, à la création d'instituts spécialisés. En
Physique, l'Institut Electrotechnique, l'Institut de Radioélectricité qui se
sont rapidement détachés de la Physique en tant que telle. Ce n'est pas pour
autant que la Physique n'a pas continué à se développer avec la Physique
Atomique, la Physique Moléculaire et la Physique du Solide.
Nous espérons que le
lecteur sera suffisamment indulgent pour nous pardonner nos insuffisances et nos
erreurs éventuelles. Nous espérons que ce premier travail sur l'Histoire de la
Physique à Lille sera repris et approfondi. Un point a été totalement négligé.
Il concerne les statistiques, en particulier du nombre d'étudiants, du nombre de
diplômes décernés même si, ici ou là, quelques chiffres apparaissent.
Il n'aura échappé à
personne que nous nous sommes arrêtés à la période qui démarre avec les
événements de mai 1968, sauf pour l'activité de recherche pour laquelle certains
responsables de laboratoires ont donné leur perception du développement de la
recherche même après 1968.

La Physique au 19 ème siècle
Charles DELEZENNE fondateur de la physique à Lille
C'est deux ans après la
création de l'Université de DOUAI (17-2-1815) qu'est inauguré à Lille le premier
cours municipal de Physique, créé sur ressources propres de la Municipalité de
Lille.
C'est à Charles
Delezenne, professeur de collège, que fut confié ce cours. Il enseigne
l'Optique, l'Electricité, l'Electromagnétisme, l'Acoustique. Ses études
personnelles (ses travaux de recherches) le conduisent à développer plusieurs
instruments ingénieux, dont un polariscope (analyseur de Delezenne) et un
stéphanoscope utilisé pour la vision des couronnes du soleil lorsqu'il est
couvert d'un léger voile de vapeur. Il devient en 1855 membre correspondant de
l'Institut. On trouve, sur la façade de l'Institut de Physique de Lille, un
buste le représentant, ce qui montre que ses successeurs l'ont reconnu comme
fondateur de la Physique à Lille. Ce premier cours municipal de Physique n'a
précédé que de quelques années le premier cours municipal de Chimie Appliquée
aux arts industriels qui sera réalisé par Kuhlmann.

Charles Delezenne 1776-1866

Charles Delezenne au fronton du 50 rue Gauthier
de Chatillon Lille
Il faudra attendre le
22 décembre 1854 pour voir la création de la Faculté des Sciences de l'Académie
de Douai à Lille avec 4 chaires dont celle de Physique, confiée à Cl. A. Lamy,
et celle de Chimie, confiée à Louis Pasteur qui devient le premier doyen de la
Faculté. Une dizaine d'étudiants et 300 auditeurs libres suivaient alors les
cours scientifiques ouverts à tous et gratuits.
La Faculté des
Sciences de Lille devient un pôle de contacts et d'échanges entre l'Enseignement
Supérieur et le milieu industriel local. Tous les cours étaient alors fortement
liés à l'économie locale et la création de cours du soir, l'organisation de
visites ou excursions pour les étudiants régulièrement inscrits, favorisaient la
liaison théorie pratique...

LA PHYSIQUE RUE DES FLEURS
Les premiers travaux de recherche.
Le cabinet de
Physique est installé au 1er étage d'un bâtiment du lycée de Lille, rue des
Fleurs (actuellement boulevard Carnot) ; il comprenait une salle de collections
et un cabinet de travail de quelques mètres carrés.

C'est dans ce cabinet
que Lamy entreprit ses recherches qui le conduisirent à la découverte du
Thallium qu'il identifia par spectroscopie atomique.

Cl.A.LAMY 1820-1878
C'est pratiquement à la
même époque que deux Allemands, Bunsen et Kirchoff, mirent au point les
appareils d'analyse spectrale qui servirent à Boisbaudran dans les années 1860
pour découvrir dans plusieurs oxydes métalliques les métaux de terres rares :
gallium, samarium, dysprosium. Le doyen de la Faculté des Sciences relate dans
les annales de la Faculté cette découverte dans les termes suivants : "C'est en
répétant sous nos yeux, en avril dernier, les belles expériences de Kirchoff et
Bunsen, au moyen d'un spectroscope prêté à la Faculté par M.Kuhlmann, que M.
Lamy a trouvé dans les boues ou dépôts des chambres de plomb dans lesquelles on
fabrique l'acide sulfurique par la combustion des pyrites, une substance
nouvelle essentiellement caractérisée par la propriété qu'elle possède de donner
à la flamme pâle du gaz une coloration verte d'une grande richesse, et, dans le
spectre de cette flamme, une raie unique bien isolée, aussi nettement tranchée
que la double raie jaune du sodium ou la raie rouge du lithium."
Contrairement à W.
Crookes qui ne fit que mettre en évidence le thallium, Lamy réussit à isoler ce
métal. Dès le 16 Mai 1862, il présente devant la Société Impériale des Sciences
de Lille un échantillon de ce métal. Plus tard, en Avril 1863, M. Lamy
présentait même un lingot d'un kilogramme. Il quitte Lille en 1865 pour occuper
la chaire de Chimie Industrielle à l'Ecole Centrale des Arts et Manufactures.
Comme le souligne L. Pasteur, dans la notice nécrologique qu'il lui consacre,
certains chimistes se plaisaient à placer le mémoire de Lamy sur le Thallium à
côté des monographies célèbres de Gay-Lussac sur l'Iode et de Balard sur le
Brome.
Par la suite, la
Physique obtint quelques salles supplémentaires, d'abord lorsque le doyen cessa
d'être logé à la Faculté, puis lorsque la bibliothèque fut transportée dans les
locaux laissés vacants par la Faculté de Médecine.
En Septembre 1865,
E.Gripon succède à Lamy; il développe des études d'Acoustique; puis vient
J.B.Hanriot en mars 1868. De façon générale, leur enseignement a pour objet la
préparation à l'Agrégation des Sciences Physiques, au certificat de Physique
Générale et au certificat d'études supérieures de Physique, Chimie et Sciences
Naturelles.
Après avoir occupé
une chaire de Physique à Strasbourg, et une autre pendant un an à Marseille,
Alfred Terquem est nommé à Lille ; il succède à J.B.Hanriot. Ses publications
scientifiques furent très nombreuses : elles se rapportèrent à l'acoustique, la
capillarité, la chaleur. En particulier, à la suite de Savart, il a étudié les
lignes nodales singulières observées lors d'un ébranlement longitudinal des
verges prismatiques, les vibrations très complexes des plaques carrées suivant
que certains points sont libres ou fixés. Le travail important qu'il a effectué
a eu pour objet l'étude théorique par analyse de Fourier des sons produits par
des chocs discontinus, tels que ceux des sirènes. Il a aussi dirigé la thèse de
Benoît C. Damien sur le sujet suivant : "La fusion des corps et les indices de
réfraction" qui valut à son auteur de recevoir en 1881 le prix Kuhlmann décerné
pour la première fois par la Société des Sciences.
Après avoir été nommé
Maître de Conférences en Septembre 1880, B.C.Damien succède à A.Terquem en 1887
et occupe la chaire de Physique pour une longue période. En effet, Benoît Damien
prend sa retraite en 1921, cumulant à partir de 1902 la fonction de titulaire de
la chaire de Physique Générale avec celle de doyen de la Faculté des Sciences.

B.C.Damien 1883-1933
Il assure deux cours
de licence : une année, un cours de Thermodynamique et un cours d'Optique et
principalement d'Optique cristalline ; l'année suivante, le cours est consacré à
l'Electricité et au Magnétisme. Ses travaux de recherche ont porté sur les
variations des forces électromotrices des piles et il compte aussi à son actif
une série de communications sur la météorologie dans le Nord. Il publie,
lorsqu'il est Maître de Conférences, en collaboration avec A.Terquem, un "Traité
de Physique Expérimentale" et puis en collaboration avec R.Paillot, chef de
Travaux Pratiques, un "Traité de Manipulations de Physique".

L'enseignement.
Dans l'annexe A, on
trouvera les horaires des cours. On remarquera que la durée du Certificat de
Physique Générale est de deux années. L'annexe B montre le programme détaillé
des enseignements : ils correspondent à la Physique Générale que l'on trouve
dans les traités de G.Bruhat, c'est-à-dire à ce qui a été enseigné en Physique
Générale jusqu'aux années 1940. L'annexe C est la table des matières du "Traité
de manipulations de Physique" ; elle montre l'étendue des manipulations en
Travaux Pratiques à cette époque.
Créé par un arrêté de
juillet 1893, le certificat d'études physiques, chimiques et naturelles (PCN),
comme certificat préparatoire aux études médicales, a commencé à être enseigné à
la rentrée de l'année universitaire 1894. C'est M.Swyngedauw, nommé en 1894
Maître de Conférences, qui y a enseigné la Physique. Le programme de cet
enseignement balaye l'ensemble de la Physique Générale en 3 heures par semaine.
Antérieurement, les étudiants entraient à la Faculté de Médecine avec comme
diplôme le baccalauréat restreint. Les étudiants avaient énormément de mal à
assimiler les notions de Physique nécessaires dans leurs études et les Médecins
se plaignaient constamment.

Pierre DUHEM
Parmi les Maîtres de
Conférences associés à la chaire de B.C.Damien, l'un d'eux mérite
particulièrement notre attention : il s'agit de Pierre Duhem.

P.Duhem 1861-1916
C'est un homme
meurtri qui arrive à Lille en Novembre 1887. Juste avant d'avoir été reçu
brillamment à l'Agrégation en 1885, il présente à 23 ans une thèse de Physique
Mathématique, ayant pour objet " Le potentiel thermodynamique ", devant un jury
prestigieux composé de Charles Hermite mathématicien, de Gabriel Lippmann futur
académicien et futur prix Nobel et Emile Picard futur secrétaire perpétuel de
l'Académie des Sciences. Cette thèse est refusée. C'est que, dans l'institution
scientifique, toute vérité heurtant l'ordre établi n'est pas bonne à dire.
L'ordre établi, c'est Marcellin Berthelot, considéré comme le "pape" de la
Chimie française. D'après la règle posée par M. Berthelot, « la possibilité
d'une réaction suppose que cette réaction produise une diminution d'énergie ».
"Cette règle
rencontre malheureusement des exceptions difficiles à expliquer". Duhem fournit
quelques exemples de ces exceptions. Il montre, par exemple, qu'il est difficile
d'expliquer l'ensemble des réactions endothermiques : l'application du principe
de Berthelot, principe du travail maximum, implique qu'entre deux réactions
inverses concevables, seule la réaction exothermique est possible. C'est pour
lever ces contradictions que P.Duhem introduit le potentiel thermodynamique,
l'énergie ne pouvant jouer ce rôle. Dans cette affaire, l'histoire et la science
ont donné définitivement raison à P.Duhem. Ce sont les mathématiciens qui
apprécièrent et reconnurent la valeur des travaux scientifiques de P.Duhem. En
1888, quatre ans après l'épisode de la thèse refusée, ce fut un jury composé des
mathématiciens Gaston Darboux et Henri Poincaré et d'un physicien Edmond Bouty
qui confère à Duhem le titre de docteur ès -sciences mathématiques sur le sujet
suivant : " L'aimantation par influence ". La reconnaissance scientifique
tardive des travaux de P.Duhem en France vint d'abord des scientifiques
étrangers, notamment de J.W. Gibbs. L'équation de Gibbs - Duhem relative à
l'utilisation des potentiels chimiques lui assure définitivement une sorte
d'immortalité.

Les ouvrages de physique avant 1900
La consultation des
ouvrages, édités avant 1900, que l'on trouve encore dans la bibliothèque de
l'UFR de Physique, montre quelles étaient les préoccupations et les sources de
documentation de nos prédécesseurs.
Citons quelques-uns
de ces ouvrages parmi les plus significatifs :
- -Traité d'Optique Physique de M .F. Billet -
1858 - 2 tomes (l'homme des" bilentilles de Billet")
- -Cours de Physique professé à l'Ecole
Polytechnique par E. Verdet - 1868 - (l'homme de la "constante de Verdet")
- -Cours de Physique par J. Violle, maître de
Conférences à 1'Ecole Normale - 1888 -
- -Cours de Physique de 1'Ecole Polytechnique
par M.J.Jamin (troisième édition augmentée et refondue par M.J.Jamin et M.Bouty)
-1878
- -Traité de Cristallographie géométrique et
physique par Ernest Mallard, ingénieur en Chef des Mines, - tome 1 - 1879 -
- -Traité d'Optique par M.E.Mascart, membre de
l'Institut ; Professeur au Collège de France - 1889 -
- -Leçons sur l'Electricité et le Magnétisme par
M.E.Mascart, membre de l'Institut, professeur au Collège de France - 1896 -
- -Leçons sur 1'Electricité et Magnétisme par
P.Duhem, chargé d'un cours complémentaire de Physique mathématique et de
Cristallographie à la Faculté des Sciences de Lille - 1892
Plusieurs remarques
peuvent être faites sur ce catalogue, d'ailleurs partiel :
- 1) les leçons d'Optique et d'Electricité ont
certainement tenu grand compte des leçons professées à l'Ecole Polytechnique et
à l'Ecole Normale.
-
2) on peut être étonné de voir apparaître un
traité de Cristallographie, mais on s'aperçoit qu'un tel cours a été professé à
Lille par P.Duhem. On aimerait d'ailleurs savoir à quel public cet enseignement
était destiné.

Création de l'enseignement d'Electricité Industrielle
L'Enseignement d'Electricité
industrielle, embryon du futur Institut Electrotechnique, débuta à la Faculté
des Sciences avec M.Bruhnes en 1894. Il fut continué par M.Camichel qui commença
à organiser un laboratoire et fit créer un certificat d'études supérieures de
Physique appliquée en 1896 et un brevet d'études électrotechniques en 1890.
M.Swyngedauw succéda à M.Camichel en 1900 ; les études électrotechniques furent
réorganisées. En particulier, un diplôme d'ingénieur électricien de l'Université
fut créé en 1902 et une chaire de Physique et d'Electricité Industrielle fut
fondée en 1905.
L'organisation
des études électrotechniques a été conçue avec la double préoccupation:
- 1° faire des ingénieurs capables d'appliquer
d'une façon intelligente les lois et les formules de l'électricité générale aux
divers problèmes de l'électrotechnique
- 2° donner aux futurs ingénieurs un sens
pratique suffisamment aiguisé pour qu'ils saisissent immédiatement la portée
économique et pratique des problèmes industriels qui se poseront à eux.
Rappelons qu'en 1892
se crée la société lilloise d'éclairage électrique et qu'apparaît dès 1899 à
Lille le tramway électrique Lille -Roubaix -Tourcoing (TELRTou Mongy) ; la
compagnie des Tramways Electriques sera mise en place dès 1902.

Installation rue Gauthier de Chatillon: 1894
Il revient à B.C. Damien d'avoir
adressé au Ministère, en avril 1890, un projet d'un nouvel Institut de Physique
: le bâtiment de la rue des Fleurs, réservé à la Physique, était un "réduit plus
que modeste". C'est en 1894 que la Physique a occupé les bâtiments de la rue
Gauthier de Chatillon. On trouvera dans l'annexe D une description de l'Institut
tel que beaucoup d'entre nous l'ont bien connu.

Le 50 rue Gauthier de Chatillon
Le financement de
cette opération est revenu pour moitié à la ville de Lille et l'autre à l'Etat
(la ville tenait à réunir dans ses murs les quatre Facultés). Une convention a
été signée à ce sujet le 12 Mars 1887, qui répartit les dépenses : 1.750.000 F.
à la charge de l'Etat et la même somme à la charge de la ville - le coût de la
construction de l'Institut de Physique a été de 700.000 F. Une clause stipule
que la destination des locaux des Facultés ne pourra être changée que d'un
commun accord entre la Ville et l'Etat. Dans le cas où les Facultés seraient
supprimées, les locaux appartiendraient à la Ville. On se demande encore
maintenant si le départ d'un certain nombre d'enseignements peut justifier le
fait que la Ville ait autorisé, dans le "quartier des Facultés", la construction
d'immeubles de rapport à usage privé.
La Ville de Lille et
l'Université ont inauguré les 10 mai, 2 et 3 juin 1895 les nouveaux bâtiments.
Une visite dans les
locaux actuels du 50 rue G.de Chatillon permettrait à ceux qui y sont passés de
reconnaître (ou de découvrir) quelques détails intéressants qui montreront
combien nos exigences esthétiques actuelles en matière de constructions
universitaires ont pratiquement disparu.

Le 50 rue Gauthier de Chatillon en 2000
(aujourd'hui Ecole de Journalisme)


Le porche avec le buste de
Charles Delezenne

La frise de la façade

Le grand amphi

Rosaces et Ecusson de
l'Institut de Physique dans le grand amphi


Ecusson de l'Université sur la porte
du 50 rue Gauthier de Chatillon.
LA PHYSIQUE AU 20 ème SIECLE
Les activités d'enseignement en 1910 - 1911
Pour mettre en évidence l'activité de l'enseignement de la Physique, choisissons
une année type. Dans l'année universitaire 1910-1911, M. Damien, professeur, a
fait 2 cours de licence par semaine. Il a étudié: la Thermodynamique et
l'Optique cristalline. En outre, il a fait chaque semaine une conférence
d'Agrégation.
M.Ollivier, maître de Conférences de Physique Générale a fait 3
cours annuels : il a traité:
1°) en 2 cours par semaine : Mouvements vibratoires, Acoustique, Optique, Electro - Optique.
2°) en un cours par semaine : Electricité et Magnétisme.
En dehors de son enseignement normal, M.Ollivier a fait une
conférence hebdomadaire aux candidats à la Licence. Il a aussi participé pendant
le premier semestre à la préparation au "Professorat des Sciences Appliquées".
Chaque séance comprenait un cours sur la Mécanique Physique et sur l'Electricité
générale suivi, soit d'une interrogation, soit d'une leçon d'élèves et ensuite
de manipulations.
Les Professeurs ont dirigé chaque semaine les manipulations
faites par les candidats à la Licence, à l'Agrégation et au Diplôme d'Etudes
Supérieures. M.Paillot, maître de conférences, chargé, en outre, des fonctions
de chef des travaux de Physique, a assuré l'enseignement de la Physique destiné
aux étudiants du certificat d'études du PCN.
Dans le cadre de l'enseignement de
la Physique industrielle, M.Swyngedauw, professeur, a fait 3 leçons par semaine
aux candidats au certificat de Physique Appliquée. Il a traité du Courant
Continu et du Courant Alternatif, principalement des Lignes du transport de
l'énergie. Il a également participé, durant toute l'année, à la préparation des
candidats au "Professorat des Sciences Appliquées" ; il a donné un enseignement
d' Electricité industrielle qui a comporté 37h1/2 de cours et 40h de TP. Les
élèves ont fait, en outre, quelques leçons. Les élèves préparant le diplôme
d'Ingénieur - Electricien ont suivi le cours du certificat de Physique
Appliquée. L'enseignement a été complété par un enseignement technique donné par
M. Négre, Ingénieur - Electricien, chef de travaux chargé des conférences
techniques et par des techniciens de la région. Des conférences - interrogations
ont aussi été instituées durant les trois années pour faire mieux comprendre le
cours et exercer les élèves aux applications. Des interrogations et des essais
industriels complètent ce cursus.
Déjà en 1910, on note que les mutations et une
nomination ne donnent pas entière satisfaction aux collègues de la Faculté ; en
particulier, l'Institut Electrotechnique souhaitait vivement le dédoublement,
qui existe déjà dans des Instituts similaires, des fonctions de chargé de
conférences et de chef de travaux, revendications légitimes, d'autant plus que
l'Institut Electrotechnique obtint à l'Exposition Internationale de Roubaix un
diplôme d'honneur.
Des cours de vacances furent donnés à Boulogne-sur-mer et
eurent un réel succès : toutes disciplines confondues, le nombre d'auditeurs fut
de 151, dont 77 Britanniques.
En feuilletant les annales de l'époque, on
s'aperçoit qu'une certaine autonomie existe déjà : la délibération du Conseil de
l'Université (premier juillet 1910) a porté de 4000 à 4500F le traitement
attribué à M.Pascal alors maître de conférences de Chimie appliquée, mesure
approuvée par décision ministérielle du 5/12/1910. Ce n'est d'ailleurs pas un
cas unique.

La physique pendant la première guerre
mondiale
La guerre avec
l'Allemagne est déclarée en Août 1914. Lille est bombardée du 10 au 12 Octobre
et ensuite occupée. La Faculté des Sciences a alors un personnel
considérablement réduit, et un nombre notable d'étudiants retenus à Lille à
cause de l'occupation étrangère. Tout cela explique le retard de la reprise des
cours. En Sciences, il n'y a pas, l'année universitaire 1914-1915, d'ouverture
des registres d'inscription. Le service de Géologie a été endommagé par un
bombardement. Les membres de l'Université ont été mobilisés ou absents dans une
proportion < < de 3 sur 5, le nombre d'étudiants finit par être limité, beaucoup
sont mobilisés ou empêchés de suivre les cours : la ligne des combats est
seulement à quelques kilomètres de Lille. Le rayon d'action de l'Université se
limite alors à l'agglomération Lille - Roubaix - Tourcoing. L'Université
poursuit sa mission sans tenir compte de l'autorité occupante qui n'exerce pour
le moment aucune pression morale et intellectuelle mais qui a mis la main sur
quelques bâtiments.
C'est ainsi qu'en Octobre 1915, l'Institut de Physique est
mis à la disposition d'un officier allemand ayant le droit d'utiliser les
appareils et les dépendances de l'Institut dont l' atelier a été occupé pendant
plusieurs mois. A cela viennent s'ajouter les classes de Physique du Lycée
Faidherbe, qui a été dépouillé de ses bâtiments. L'Institut Electrotechnique,
incendié dans la nuit du 27 au 28 Novembre 1914, s'était réfugié à l'Institut de
Physique et un laboratoire provisoire avait été construit pour abriter les
appareils existants et ceux qui avaient été commandés.
Le 11 janvier 1916, à
3h30 du matin, explose un vaste dépôt de munitions - le dépôt des 18 ponts -
dans la partie Sud des fortifications (actuellement à l'angle des rues de Douai
et de Maubeuge). Il y eut des pertes humaines et de gros dégâts. A l'Institut de
Physique, des vitres et des châssis ont été brisés, des lanterneaux, des toits
enlevés, des portes intérieures et extérieures projetées violemment, des
cloisons lézardées. Des détériorations ont aussi atteint les laboratoires et
certains de leurs instruments.
Pour se faire une idée de l'importance numérique
des étudiants pendant la guerre, on peut citer un extrait du rapport du
professeur Malaquin sur la situation de l'Enseignement Supérieur à Lille (publié
dans le compte-rendu pour l'année universitaire 1919-1920). «La première année
de l'occupation, l'année universitaire commence tardivement ; le nombre
d'étudiants n'est que de 70. En 1915-1916, la population scolaire des deux sexes
est de 213 étudiants. L'année suivante voit se grouper 338 étudiants et
étudiantes».
Enfin la quatrième année de l'occupation s'ouvre ; à peine la
reprise des cours est-elle effectuée que toute communication est interdite avec
le secteur Roubaix - Tourcoing ; on improvise dans ces villes un enseignement,
prolongement et annexe de l'Université. Cette année a compté à ses débuts 408
étudiants. Ces chiffres sont, par eux-mêmes, significatifs et traduisent des
résultats concrets ; mais d'autres buts ont été atteints : la vie scolaire et la
vie scientifique ont été maintenues
Au début de janvier 1918, les Allemands
déportent des notables, dont quelques-uns de nos collègues envoyés en Allemagne
à Holtsminden et d'autres en Lithuanie dans le camp de Milliygany.
L'occupation
de la Préfecture par des services allemands, l'installation d'une Direction des
chemins de fer allemands a eu pour conséquence que l'Institut de Physique fut
réquisitionné pour loger les bureaux de cette Direction.
C'est dans la nuit du
17 au 18 octobre que les occupants se sont éclipsés ; ce fut la délivrance comme
le disaient doyens ou professeurs, rédacteurs des Annales.
La guerre 14-18 a eu
aussi une conséquence très importante sur l'économie de notre région.
L'occupation du Nord de la France par les troupes allemandes a obligé
l'industrie qui y existait (aviation, industrie chimique, industrie mécanique) à
déménager vers des régions françaises inoccupées. Il fut difficile de rapatrier
ces industries implantées dès lors dans le midi de la France. Entre les deux
guerres, malgré l'action en faveur d'un retour de ces industries du recteur
Albert Chatelet et de Roger Salengro député socialiste et maire de Lille, la
majeure partie restera dans le midi de la France, en particulier dans la région
toulousaine. Ce fut le cas de l'usine d'aviation Bréguet (Douai) et de certaines
industries chimiques. Une région en plein essor, concurrençant la Ruhr, s'est
retrouvée diminuée d'une partie importante de son potentiel industriel qui
s'était développé auparavant grâce à l'action d'universitaires tel que le
professeur Kampé de Fériet.

Entre les deux guerres
A la libération, l'Université
se trouvait assombrie par des deuils, dépouillée par les multiples réquisitions
et la mainmise de l'occupant sur les locaux et les bâtiments des Facultés. Dès
janvier 1919, trois mois à peine après la délivrance, les Facultés ont repris
leurs cours, les laboratoires leurs travaux. Les étudiants sont arrivés; peu à
peu leur nombre s'est accru jusqu'à atteindre, à la Faculté des Sciences, 162 à
la fin de l'année. Dans tous les services, les travaux de restauration se
poursuivent, mais ils sont loin d'être terminés. Partout l'éclairage électrique
a été étendu et remplace les appareils à gaz réquisitionnés par les Allemands.
Les services des sciences appliquées se développent. Avec persévérance, M. le
Professeur Swyngedauw a réussi à s'installer dans un local annexe de l'Ecole
Nationale des Arts et Métiers, à la suite d'un accord intervenu entre
l'Université et le Sous-Secrétariat de l'Enseignement Technique.
En 1919, M G.Bruhat a été nommé Maître de Conférences de Physique Générale .

Il traite, en
deux cours par semaine, l'Electricité et le Magnétisme et, en un cours par
semaine, la Thermodynamique. En outre, il a donné une conférence hebdomadaire
d'Astronomie Physique. Il dirige, chaque semaine, les manipulations faites par
les candidats à la Licence, à l'Agrégation et au Diplôme d'Etudes Supérieures.
Les travaux pratiques des candidats au Certificat de Physique Générale ont été
entièrement réorganisés par M.Bruhat (le nombre des séances a été doublé). Il
effectue, à titre bénévole, une conférence de problèmes par semaine.
Nommé
professeur en 1921, à la suite de la retraite du professeur B.C. Damien, il
enseigne l'Optique ; cet enseignement correspond à deux cours par semaine. M.Pauthenier, nommé récemment Maître de Conférences, a fait deux cours par
semaine sur l'électricité et le magnétisme et un cours de thermodynamique.
C'est
à cette époque que M.Bruhat commence à rédiger son cours d'Electricité qui sera
publié chez Masson en 1924. Pendant le même temps, la reconstitution des
collections et des laboratoires s'est poursuivie sous l'active direction de M.
le Professeur Bruhat. Une salle de réunion et une terrasse d'observation ont, en
outre, été mises à la disposition de l'Association Astronomique du Nord de la
France. Les séances d'observation et les conférences organisées par cette
association ont été suivies régulièrement par une trentaine de personnes et une
partie d'entr'elles a été assurée par MM. les Professeurs Bruhat et Kampé de
Fériet. Ce n'est qu'en 1929 que sera construit l'Observatoire de Lille,
essentiellement réservé aux travaux pratiques. C'est en 1926-1927 que, grâce à
une subvention obtenue par M.Pauthenier auprès de la Caisse des Recherches
Scientifiques et à une convention passée avec l'IDN, le courant triphasé de la
Lilloise fut installé à l'Institut de Physique.
En 1921, on installe un
laboratoire et un enseignement de radiotélégraphie et on prévoit une
organisation de renseignements météorologiques. Une société d'études de T.S.F,.
fondée récemment, a son siège à l'Institut. En 1922 M. Paillot a fait un cours
hebdomadaire de radiotélégraphie suivi par de très nombreux auditeurs. En 1923,
la création de deux certificats différents, l'un de degré élémentaire, l'autre
d'ordre plus élevé, rangé parmi les certificats de licence, couronne l'active
impulsion donnée à cet enseignement par le Professeur Paillot. Une conférence de
M. Paillot a été transmise par TSF à l'aide d'un poste d'émission du Radio -Club
installé à l'Institut de Physique.
L'Institut Electrotechnique qui avait été
détruit complètement pendant la guerre va, de nouveau, à la rentrée de l'année
universitaire 1924-25, être ouvert aux étudiants grâce à l'action tenace de son
directeur, M.Swyngedauw.
La réouverture tardive a quand même permis à 7
étudiants d'obtenir le diplôme d'Ingénieur Electromécanicien et de mettre au
point les détails de fonctionnement. L'année suivante, 19 anciens élèves des
Arts et Métiers formeront une promotion normale.
Chaque année, quelques
candidats sont reçus à l'Agrégation de Physique masculine et féminine.
C'est en
1925-1927 que l'on crée un nouvel enseignement fort important de Mathématiques,
Physique, Chimie sanctionné par un certificat d'études supérieures : le MPC. Cet
enseignement de mise à niveau était ouvert aux élèves sortant des classes de
mathématiques élémentaires, ceux venant des Ecoles Primaires Supérieures et des
Ecoles Normales. Le premier cours a eu lieu le premier Novembre 1927.
Les
travaux personnels des professeurs sont de plus en plus nombreux; ce sont
d'abord les travaux d' optique de M.Bruhat qu'il a développés en collaboration
avec M.Pauthenier : il s'agit de l'absorption et de la dispersion des rayons
ultra -violets par le sulfure de carbone dans la bande des 3200 angströms ; il
utilise la formule de Ketteler pour exprimer ses résultats. Avec son élève,
Melle.Hanot, dont les résultats forment l'essentiel de sa thèse, il a étudié
l'élargissement dû à l'absorption des raies de la série de Balmer.
Parallèlement, il développe une méthode de détermination de la direction des
vibrations rectilignes dans l'ultra - violet. Il étudie aussi le pouvoir
rotatoire de solutions d'acide tartrique dans l'ultra - violet.
En 1925, arrive
à l'Institut de Physique un électroaimant, puissant pour l'époque, acquis avec
les crédits de l'Université, de la Caisse des Recherches Scientifiques et d'une
subvention de 50.000 F accordée par l'Académie des Sciences sur le produit de la
journée Pasteur. Les rhéostats ne seront acquis que l'année suivante ; il ne
reste qu'un an, avant le départ pour la Sorbonne de M.Bruhat comme professeur
sans chaire, pour utiliser ce matériel dans l'étude de la Polarisation Rotatoire
Magnétique et éventuellement dans des recherches spectroscopiques.
C'est aussi
en 1926 que M.Bruhat publie chez Masson un traité de Thermodynamique.
M.Pauthenier, en dehors de sa collaboration avec M.Bruhat et de travaux sur
l'électrostriction , s'est consacré à l'étude d'un problème pratique et
industriellement très important : la précipitation des poussières et fumées
résultant de la combustion du charbon. La solution est maintenant passée à un
stade industriel, l'appareil installé à la Centrale de Comines ayant donné les
meilleurs résultats. Les années suivantes 1927, 1928 sont consacrées au
perfectionnement du procédé, à la fabrication et l'installation des appareils.
D'autre part avec le départ pour Paris de M.Bruhat, M.Pauthenier occupe à partir
de 1926 la chaire de Physique Générale et le Maître de Conférences qui arrive,
M. Fleury, est détaché à Constantinople ; la suppléance étant assurée par M.
Morand.
M.Swyngedauw a poursuivi ses travaux sur les courroies utilisées dans la
transmission des mouvements de rotations et sur les multiplications de
fréquences en collaboration avec M.Rouelle et continue l'amélioration de son
installation technique notamment en vue des essais électromécaniques.
En
1928-1929 un accord intervient entre l'Université et l'IDN. Les élèves ont suivi
les cours de Mathématiques Générales, de Mécanique Rationnelle et une partie de
Physique Générale. Avec le MPC et Mécanique Rationnelle, ils obtiennent 2
certificats de licence. Les cours de vacances ont toujours beaucoup de succès.
L'année 1929-1930 voit le départ pour Paris de M.Pauthenier. M.Fleury le
remplace. Il est chargé de la chaire de Physique Générale. M.Fleury ajoute aux
recherches un nouveau thème: couleurs et colorimétrie, il développe l'emploi du
corps noir comme étalon en photométrie et spectrophotomètrie et installe un
luxmètre de précision.
1929 voit la création, à la suite d'un accord entre
l'Université et la Ville de Lille, d'un Observatoire. Sa réalisation sera
effective en 1930, grâce à la mise à la disposition par la Ville de Lille d'un
terrain de 500 m2 jugé à l'époque comme emplacement favorable à l'observation.
(qu'en est-il maintenant ?). En relation avec cette création, un certificat de
Physique Supérieure et d'Astrophysique est créé.
On note, en 1932, que le projet
de développement d'un certificat de Physique Théorique reçoit un accueil
favorable du Ministère. Cela aurait pu être l'occasion, à partir des travaux
récents de Mécanique Quantique, de promouvoir des études expérimentales sur la
décomposition des raies optiques par l'action d'un champ magnétique avec
l'électroaimant que possède l'Institut. Ce champ brise l'invariance par rotation
et permet la décomposition des raies optiques. D'un tout autre point de vue, M.Cordonnier avait déjà utilisé la symétrie axiale du champ magnétique dans
l'étude de la polarisation rotatoire magnétique des liquides colorés.
Pendant ce
temps, M.Fleury s'intéresse aux cellules photoélectriques et, de façon générale,
à la photomètrie et la spectrophotomètrie.
L'Ecole de Radioélectricité a été
fondée par décret, en collaboration avec l'Enseignement Technique, en 1931.
M.Lambrey, Maître de Conférences au premier février 1931, a été nommé en 1932
directeur de l'Ecole de Radioélectricité et titulaire de la chaire de
Radioélectricité au 10 janvier 1934.
L'Ecole comporte 4 sections : une section
élémentaire A, une section de conducteur radioélectricien B, une section C
correspondant à la licence et une section D d'Ingénieurs Radioélectriciens ;
cette dernière a comporté au maximum 2 étudiants. La surélévation de l'Institut
de Physique a permis l'installation de l'Ecole de Radioélectricité dont les
bâtiments ont été inaugurés le 12 Mars 1934.
M. Fleury, d'abord chargé de cours
de Métrologie au Conservatoire des Arts et Métiers en 1932-1933, est nommé au
Conservatoire en 1935. C'est M.Cau qui lui succède à la direction de l'Institut
de Physique et dans la chaire de Physique Générale ; la chaire de Physique
expérimentale qu'occupait M.Cau est transformée en chaire de Mécanique
rationnelle et expérimentale, M. Esclangon, Chef de travaux, récupérant un poste
de Maître de Conférences. M. Cau avec M. Esclangon s'intéresse au pouvoir
séparateur des appareils interférentiels et à leur utilisation comme
monochromateurs. Il continue avec M.Bayen les mesures d'indices de réfraction
dans I'U.V., continuation d' un thème de recherche cher à M. G.Bruhat.
En 1936,
après la retraite de M.Swyngedauw, M.Rouelle est titularisé dans la chaire de
Physique Industrielle. Les Ingénieurs des Arts et Métiers suivent les cours de
Physique Industrielle et forment l'essentiel du public : de bonnes relations
s'établissent avec l'IDN. L'Institut Radiotechnique a maintenant des promotions
A et B florissantes, grâce à l'entente, par l'intermédiaire de l'Enseignement
Technique, avec l'Institut Diderot , mais les sections C et D restent
squelettiques (quelques unités en section D). Cependant, des travaux
intéressants ont été développés à cette époque (décomposition de N2O4, lampe
bigrille, conductibilité de l'oxyde de cuivre).
L'année 1938-1939 voit
apparaître le PCB distinct du PCN. Mais, même à travers les annales, on voit
poindre l'inquiétude de la guerre toute proche. C'est en juillet 1939 que M.
Cordonnier s'empresse de soutenir sa thèse d'Etat sur l'étude du pouvoir
rotatoire et du dichroïsme circulaire magnétique de quelques solutions salines.
Dans le même esprit, Melle.Turkem présente une thèse d'Université sur les
variations de l'Effet Faraday des couches minces de fer en présence de métaux
non ferromagnétiques. M.Lainé, Maître de Conférences, publie, aux Comptes Rendus
de l'Académie des Sciences, une note sur la désaimantation adiabatique à partir
de températures obtenues avec l'hydrogène solide. Cela lui vaudra d'être chargé,
en janvier 1940, au titre de la mobilisation scientifique, de la direction de la
Station expérimentale du Froid à Meudon.
Pour la Physique Industrielle,M.Swyngedauw
a continué ses travaux sur les courroies. Quant à M. Rouelle, il a résumé son
travail dans un article publié au Bulletin de la Société Française des
Electriciens intitulé " Relaxation, Synchronisation et Démultiplication de
fréquences(1938) " ; il a également dirigé le travail de M. Dehors sur quelques
relations quantitatives régissant le fonctionnement de «Démultiplicateurs de
fréquences ferromagnétiques».L'Institut Electromécanique a participé, comme
d'autres Instituts de la Faculté des Sciences, à l'Exposition du Progrès Social
qui s'est tenue à Lille.

Personnels de l'Institut en 1936
En haut, de G à D : M. Sonneville, M. Révéré, M. Delvalle, M. Rousseau, Melle Duboisson, M. Grauvin, M.
Paul, M.Henri
En bas de G à D :M. Liebaert, M. Esclangon, M.Cau, M.Fleury,
M.Lambret, M.Cordonnier, M. Guimiault

La physique pendant la 2ème guerre mondiale
M.Roig, devenu à la rentrée de 1938 Maître de Conférences titulaire, a
publié avec le Dr Schuler dans Zeitschrift fùr Physik, "Moment mécanique de
Yb173/Yb171 ainsi qu'une étude photométrique des anneaux à l'infini des lames
semi-argentées dans la revue d'Optique.

Jean Roig 1909-1993
Avec la déclaration
de guerre à l'Allemagne en Août 1939, lorsque les Facultés rouvrirent leurs
portes, elles se trouvaient dans une situation particulièrement pénible. Le
corps professoral était réduit à 20 sur 27. Cependant, les certificats d'études
supérieures fondamentaux en Physique : le MPC, l'Electrotechnique générale, la
Physique Générale ont pu fonctionner normalement.
Comme M.Maige, doyen de la
Faculté des Sciences, l'explique dans son rapport sur l'année scolaire
1939-1940, les événements de la fin du printemps devaient bouleverser
profondément le fragile équilibre installé. Dès le 15 Mai, l'inquiétude gagnait
notre région, les auditoires dans les amphithéâtres s'éclaircissaient. Des
alertes se succédant sans discontinuité rendaient l'enseignement pratiquement
impossible. Le samedi 18 Mai matin, il fallut suspendre les cours et par
décision rectorale, arrêtée de concert avec les Doyens des Facultés et approuvée
par l'autorité administrative, l'ordre suivant fut donné "Les Facultés se
transportent au Touquet - Paris - Plage ; tout le personnel est invité à gagner
le Touquet - Paris - Plage par ses propres moyens à l'exception des concierges
qui se dirigeront directement sur Rennes en cas d'évacuation de la Région".
De
son côté, le Recteur et les bureaux de l'Académie se transportaient à proximité
du Touquet, à Cayeux. Cette décision très importante, qui assignait aux Facultés
un lieu de repliement momentané, se conciliait parfaitement avec les
instructions ministérielles qui prévoyaient qu'en cas de nécessité absolue, le
personnel administratif de l'Académie et des Facultés devait se replier sur
Rennes, le personnel enseignant se dispersant dans toute la France au gré des
convenances personnelles de chacun. En conséquence, les membres du personnel des
Facultés se dirigèrent vers le Touquet, où quelques-uns parvinrent, non sans de
grandes difficultés, et où se trouvèrent réunis le 19 Mai, avec les Doyens,
quelques professeurs, assistants et membres du personnel administratif et de
service. Cependant la situation devenant de plus en plus critique devant la
rapide poussée allemande, les doyens décidèrent, sur l'ordre formel du
Commandant d'Armes de Paris - Plage, de prendre les dispositions nécessaires
pour s'éloigner davantage de la région, et gagner si possible Rennes, ville
assignée pour le repliement du personnel administratif des Facultés. Mais il
était déjà trop tard, les doyens, de même que les autres membres du personnel
qui en firent l'expérience ne purent franchir la Somme et furent bloqués dans
les villages de la région, d'où ils rentrèrent lorsque cela fut possible, les
uns à Paris - Plage, les autres directement à Lille.
L'objectif fut alors de
maintenir officiellement et d'organiser la vie de l'Université dans la localité
de repli. C'est le Doyen de la Faculté de Droit qui exerça les fonctions de
Recteur et se mit en rapport avec les autorités administratives de Paris -
Plage. Grâce à l'intervention du Médecin Colonel Debeyre, la Municipalité voulut
bien réquisitionner l'hôtel Balmoral pour y loger une cinquantaine d'étudiants,
dont la plupart, sans abri et sans ressources, s'étaient repliés à Paris -
Plage. Les professeurs et les autres membres du personnel étaient logés à l'Hotel
Britannia. Le séjour à Paris - Plage fut de courte durée. En effet, le 21 juin,
suivant l'ordre de la Kommandatur, et en accord d'ailleurs avec les désirs du
Préfet du Nord, fut organisé le retour à Lille qui eut lieu le 23 juin. A Lille,
le doyen retrouva M.Roig alors maître de conférences de Physique qui, après
avoir franchi, au prix de grands dangers, la ligne de combat pour remplir une
mission du CNRSA, s'était trouvé dans l'impossibilité de retourner à Paris.
Dès
leur retour, maîtres de conférences et assistants avaient remis en marche les
services auxquels ils appartenaient et organisé des séances de révision, cours
et travaux pratiques, pour les étudiants présents à Lille. Les examens de fin
d'année eurent lieu à partir du 8 juillet; il fut possible d'organiser les jurys
de tous les certificats d'études supérieures. Le nombre d'étudiants ayant
composé et finalement le nombre d'étudiants reçus fut très limité, 9 en MPC, 1
en Electrotechnique générale, 2 en Physique Générale.
M.Liebaert, alors
assistant, est nommé en 1940, Directeur intérimaire de l'Institut
Radiotechnique.
En Septembre 1940, il manque en Sciences 17 professeurs ou
maîtres de conférences, 7 chefs de travaux, non seulement à cause du personnel
prisonnier, mais aussi à cause de ceux des collègues, situés au Sud de la Somme,
soit dans la zone occupée soit dans la zone libre, qui ont été empêchés de
rejoindre leur poste.
En Physique, il ne fut pas nécessaire d'avoir recours,
comme en Mathématiques, à des collaborations extérieures. M.Roig, Maître de
Conférences, assure depuis Mai 1940 l'enseignement de Physique Générale. M.Cau
titulaire de la Chaire a été chargé en 1941-1942 du service de Physique à la
Faculté des Sciences de Bordeaux. C'est M.Lambrey qui est nommé dans la chaire
de Physique Générale. Un accord avec la direction de l'Institut des Hautes
Etudes Industrielles a permis aux étudiants de l'Electromécanique d'effectuer
leurs travaux pratiques dans cet établissement, l'Institut Electromécanique
étant occupé par les troupes allemandes. En contrepartie, les élèves de HEI
étaient autorisés à suivre, en auditeurs libres, les cours de M. Rouelle.
Les
travaux de recherche sont limités : M.Roig a dirigé, dans l'année universitaire
1940-1941, un DES et l'année suivante deux ; M. Lainé a poursuivi ses travaux
sur le froid mais à Meudon et non à Lille, M. Dehors ses recherches sur la
démultiplication de fréquence ferromagnétique.
Pendant cette période de
l'occupation, le nombre d'étudiants en Sciences n'a cessé d'augmenter : 620 en
1940-1941, 790 en 1941-1942, 1122 en 1942-1943, en 1943-1944 leur nombre est
réduit à 930 par suite du transfert des étudiants de l'année préparatoire aux
études médicales sur les registres de la Faculté de Médecine. Dès 1942-1943 le
personnel est à peu près au complet : M. Laine est nommé dans la chaire de
Physique expérimentale et Radiotechnique Générale. Son détachement à l'Institut
du Froid de Meudon fait que M.Roig est chargé de la chaire de Radioélectricité.
En 1942-1943, le nombre d'étudiants inscrits en Physique Générale est de 68, le
nombre de reçus de 29. Cela donne une idée des effectifs des étudiants de
Physique à cette époque.
A l'Institut Radiotechnique, l'autorité allemande
autorisa uniquement l'ouverture de la section C (licence) et de la section A
(ouvriers). Les autres sections trop techniques furent interdites.
A l'Institut Electromécanique, où se poursuivent des recherches d'intérêt général sur les
circuits oscillants à noyaux magnétiques saturés, 12 étudiants ont suivi
complètement les cours et les travaux pratiques, dont 5 seulement ont obtenu le
certificat d'Electrotechnique Générale. Les études sont également suivies par 40
élèves de l'IDN.
Sur les 930 étudiants inscrits en 1943-1944, 297 d'entre eux
sont touchés par la réquisition du service du travail obligatoire. Tous ont pu
échapper à la déportation en s'engageant dans le travail au fond de la mine.
Grâce à la bienveillance de leurs employeurs, ils ont pu suivre les exercices
organisés par les Professeurs de la Faculté.
A partir de Pâques 1944, de sévères
bombardements ont peu à peu empêché le déplacement des étudiants et le 15 Mai
cours et travaux pratiques durent être interrompus.

APRES 1945 : Le développement
Après la Libération, période de réjouissances et de recueillement,
l'année universitaire 1945-1946 fut une année normale. Les deux décennies qui
suivirent, sont caractérisées par un accroissement important du nombre
d'étudiants. Par exemple, pour l'année universitaire 1957-1958, le nombre
d'étudiants est le double de celui de l'année 1951-1952. Cela entraîne des
besoins en locaux et en personnel de plus en plus considérables. La solution de
l'extension sur place des locaux existants, envisagée au départ, et donc du
maintien de la Faculté à Lille, se révéla de moins en moins réaliste. C'est la
création d'une Cité Scientifique sur un terrain de 116 hectares sur lequel
seraient regroupés la Faculté des Sciences, les Ecoles d'Ingénieurs, une INSA,
des laboratoires et des Centres de Recherche qui a été retenue. L'obtention des
terrains fut très difficile car ce projet suscita de vigoureuses polémiques,
généralement non dénuées d'arrière-pensées. Dans les Annales 1957-1958, le Doyen
Lefebvre écrit à ce sujet : "Il est hors de doute que nos projets heurtent, du
moins dans l'immédiat, certains intérêts particuliers, il est choquant de voir
que certains de ceux qui prétendent servir l'intérêt général organisent une
véritable campagne contre nous, et appuient leur action sur des arguments tels
que l'on doit se demander si les erreurs qu' ils contiennent sont commises de
bonne foi". Le développement des Facultés Catholiques n'a pu compenser le tort,
que l'on ne pourra jamais mesurer, causé à la Région Nord-Pas-de-Calais.
L'attribution de postes d'enseignants en Physique et en Radioélectricité est
toujours restée très limitée, postes à partager entre la Physique Générale, la
Physique Industrielle, la Radioélectricité.
Au total, le nombre de postes de
Maître de Conférences créés n'a guère dépassé 4. A côté, les postes de Chef de
Travaux et d'Assistant, ont été un peu plus importants mais encore tout à fait
insuffisant.
Au cours de ces deux décennies, notre Faculté a été aussi victime
de l'attrait que Paris exerce sur tant de Professeurs comme R.Arnoult, E.Roubine,
J.Brochard, P.Aigrain, L.Michel, J.P.Mathieu. Il est, dans ces conditions,
difficile de maintenir une unité dans les travaux de recherche.
Cependant
apparaît vers 1951-1952 un projet de création d'un Institut Polytechnique qui
fonctionnerait en relation avec les Instituts de Physique, de Radioélectricité,
d'Electromécanique et de Mécanique des Fluides. Ce projet, repris pendant
plusieurs années, n'a pas, en fait, eu de suite.

Renouvellement des enseignements
Les années 1950 ont aussi amené un renouvellement important de
l'enseignement de la Physique. Comme le dit J.Tillieu dans une lettre envoyée à
R.Fouret, "le rôle historique de notre génération -n'ayons pas peur des grands
mots, au moins pour une fois- a été d'implanter dans l'enseignement supérieur de
la Physique, et sur l'exemple des Mathématiciens, quelques doctrines et méthodes
possédant déjà une certaine ancienneté, je pense évidemment à la Mécanique
Quantique et ses applications (spectroscopie, théorie des solides) mais aussi à
la théorie de la relativité (seulement restreinte malheureusement), aux méthodes
mathématiques de la Physique (algèbre linéaire, théorie des groupes....)".
Le
décret d'Août 1958 scindant le certificat de Physique Générale en 4 certificats
: Electricité, Optique, Thermodynamique, Mécanique, fut l'occasion d'exposer de
façon plus axiomatique la Physique Classique, enlevant en grande partie le flou
et les incohérences qui avaient été relevés dans les manuels écrits par Bruhat
et qui servaient de "bible" aux étudiants de la licence et de l'agrégation.
Le
cours de Thermodynamique enseigné par J.Tillieu s'inspire notamment des exposés
de Born et Guggenheim
1) il considère la température, notion intuitive et
naturelle, comme une grandeur fondamentale régie par le principe zéro de la
Thermodynamique.
2) le principe de la conservation de l'énergie ou premier
principe définit la variation de l'énergie interne pour une transformation
adiabatique. Dans le cas général, la variation de l'énergie interne est égale au
travail reçu auquel s'ajoute la quantité de chaleur reçue
3) On attache à un
système fermé en équilibre une grandeur d'état, extensive, appelée l'entropie.
Lorsque le système subit une transformation infinitésimale la variation
d'entropie peut s'écrire:
dS = deS+diS
diS est la variation d'entropie due aux
modifications internes du système; elle est positive pour une transformation
naturelle, nulle pour une transformation réversible
deS est la variation
d'entropie due aux échanges du système avec le milieu extérieur : deS = dq/T,
dq
est la chaleur absorbée par le système, T, terme positif dépendant seulement du
système, est la température absolue
On trouvera un exposé complet dans "La
thermodynamique par J.Tillieu" (Que sais-je PUF- 1119). Sur l'esprit du cours,
J.Tillieu écrit :
"Si l'on veut échapper à une accumulation de faits, un
"concret" obscur, simple donnée empirique, opaque et résistant à l'esprit, pour
atteindre un "concret" compris, analysé et expliqué, il faut un long détour par
les chemins de l'abstraction et de la théorie, afin d'aboutir à la
reconstruction intellectuelle d'un comportement réel donné par des combinaisons
de concepts, de modèles ou d'équations scientifiquement définis"..
Ce à quoi R.Fouret répond :
ce que dit J.Tillieu est tout à fait exact, à ceci près que
l'expérience peut révéler des surprises au théoricien, ex : l'Hydrogène
métallique; «A très haute pression, les molécules se rapprochent de sorte que
les électrons passent de l'une à l'autre, créant un courant électrique quand on
applique une tension au liquide. La pression dissocie également les
molécules». (Pour la science Juillet 2000).
L'autre certificat qui a subi de
profondes modifications est celui d'Electricité. Il est d'abord nécessaire
d'expliquer les raisons qui ont amené François Lurçat et à sa suite René Fouret
à enseigner l'électricité d'une façon différente de celle employée
antérieurement par Georges Bruhat.
Pour celui-ci, on passe des lois de
l'électrostatique à celles du magnétisme en considérant des masses magnétiques
entre lesquelles s'exercent des forces dont l'expression est donnée par la loi
de Coulomb. On ajoute que la masse totale de magnétisme est nulle. On obtient,
apparemment sans difficultés, l'action des aimants sur les courants ou l'action
des courants entre eux en remplaçant un circuit par un aimant plat dont le pôle
Nord et le pôle Sud sont liés au sens du courant. Pour être complet on ajoute la
loi de Faraday donnant la force électromotrice produite par la variation du flux
d'induction magnétique.
Un examen détaillé de cet ensemble révèle les faiblesses
de cette construction., l'une liée à l'existence des masses magnétiques, l'autre
liée à l'action à distance. On s'est vite aperçu que les masses magnétiques ne
correspondent à aucune réalité expérimentale. Les masses magnétiques considérées
comme des grandeurs scalaires sont, en fait, d'après les lois de l'électricité,
des pseudo - scalaires. Un petit aimant, assimilé à 2 masses magnétiques +m et
-m distantes de l, a une action caractérisée par son moment magnétique M = ml.
Dans l'action exercée ou subie par cet aimant, on doit considérer M comme un
vecteur axial. On a alors reconnu de façon explicite que l'électrostatique et la
magnétostatique doivent être décrites par des vecteurs de nature différente:
l'électrostatique doit utiliser des vecteurs polaires, la magnétostatique des
vecteurs axiaux.
D'autre part, l'action à distance n'est qu'apparente; la loi de
Coulomb n'est vraie que lorsque l'équilibre est atteint. Les phénomènes
électromagnétiques se propageant à la vitesse de la lumière, on doit supposer
que chaque corps électrisé crée autour de lui un champ appelé champ
électromagnétique qui agit directement sur les corps électrisés aux différents
points de l'espace.
On décrit l'Electrostatique à l'aide de 2 vecteurs de
signification différente : le vecteur champ électrique E qui permet de calculer
les forces agissant sur les corps électrisés et qui dérive d'un potentiel, le
potentiel électrostatique, et le vecteur excitation électrique D qui traduit par
son flux à travers une surface fermée la conservation des charges électriques.
La loi de l'électrostatique dans le vide se résume à la relation de
proportionnalité entre excitation électrique et champ électrique
D = e0E
e0
grandeur physique appelée permittivité du vide.
Les lois de la magnétostatique
sont régies également par 2 vecteurs : le vecteur induction magnétique B et
l'excitation magnétique H. Les composantes de B (B1, B2, B3) correspondent en
réalité aux composantes d'un tenseur antisymétrique d'ordre 2 telles que:
B12=B3, B23=B1, B31=B2. Par analogie avec le travail des forces
électrostatiques, on écrit que le travail des forces électromagnétiques à
travers un parcours fermé est nul, ce qui entraîne:
divB = 0 B = rotA
D'autre
part, en régime permanent, le vecteur densité de courant j est tel que div j =
O.
Pour vérifier automatiquement cette dernière relation, on peut poser, pour
définir le vecteur excitation magnétique H :
rot H = j
H est défini au gradient
d'une fonction scalaire près. On profite de cette indétermination pour écrire:
H
= B/m0
En régime variable, d'après la loi de Faraday, le champ électrique
vérifie la relation
rot E = -d B / dt
D'autre part, le vecteur conservatif du
courant est maintenant : j + dD/dt et du coup, l'excitation magnétique H est
définie à partir de la relation:
rot H = j +dD/dt
La seconde partie du cours d'Electricité,
enseignée par R.Wertheimer, avait un caractère plus technique. Elle comportait
l'étude du mouvement des particules électrisées dans un champ électromagnétique.
Il introduit tout d'abord l'Optique Electronique et son application aux tubes
électroniques. Il est amené à parler de la Relativité Restreinte car les
électrons accélérés ont très souvent des vitesses comparables à la vitesse de la
lumière dans le vide. Il poursuit son cours par un chapitre sur les courants
électroniques dans les gaz, le spectrographe de masse et il termine par une
étude de l'effet photoélectrique.
Le cours d'Optique a été modifié beaucoup plus
tard lors de l'introduction du laser dans les manuels.
La création d'un
certificat de Physique Théorique a établi, de manière stable, un enseignement de
Mécanique Quantique, d'abord enseigné par J.Tillieu, puis par R.Wertheimer. Ce
cours (malheureusement limité, pour des raisons d'organisation générale de la
Physique, à la Physique non relativiste et laissant donc de côté la théorie
quantique des champs), parti de la forme limitée de la Mécanique Ondulatoire, a
rapidement intégré le formalisme de Dirac (espace des états, vecteurs d'état,
bras, kets) désormais d'usage courant (pendant quelques années, le cours a
utilisé, de manière fondamentale, la notion d'opérateur - densité). En liaison
avec ce cours, a été assurée une initiation à la théorie des groupes en vue de
ses applications à la Physique.

Création et développement des
laboratoires
Le
renouvellement des enseignements a permis le développement, en parallèle et
progressivement, de nouveaux laboratoires, pour certains déjà en gestation. A
côté du laboratoire d'Optique et de Spectroscopie qui devint par la suite le
laboratoire des molécules diatomiques, sont apparus les laboratoires suivants :
- Le Laboratoire de Spectroscopie Hertzienne (LSH) qui est devenu le laboratoire
le plus important de l'UER de Physique. Il a été fondé et dirigé par R.Wertheimer. Son essor est lié, au départ, à l'accroissement en 1962 des moyens
qu'il a obtenus en matériel et en personnel. L'arrivée sur le Domaine
Universitaire et Scientifique de Villeneuve d'Ascq a accru encore très fortement
son développement.
- Le Laboratoire d'Optique Atmosphérique (LOA), fondé et
dirigé par J.Lenoble
- Le Laboratoire de Molécules Diatomiques, fondé par J.Schiltz
- Le Laboratoire de Physique Théorique, dirigé par J.Tillieu. Son
développement a été réduit par la disparition accidentelle de P.Smet.
- Le
Laboratoire de Physique des Solides. Initialement fondé en 1963 par R.Fouret, ce
laboratoire s'est intéressé à l'étude des vibrations des atomes ou des molécules
dans les cristaux, en particulier dans leur phase mésomorphe ou cristal
plastique. Il doit son essor aux possibilités de l'utilisation de la diffusion
neutronique.
- L'arrivée de G.Saada en 1967 amène un thème nouveau en physique
des Solides : l'étude des corrélations entre défauts de structure et propriétés
plastiques des matériaux. B.Escaig a ensuite étendu l'étude au cas des polymères
et des matériaux naturels. Le laboratoire s'est alors appelé Laboratoire de
Structure et Propriétés de l'Etat Solide.
- La nomination de J.Billard en 1968
ajoute au Laboratoire de Physique des Solides un thème voisin de celui des
cristaux plastiques, les cristaux liquides : second type de cristaux
mésomorphes.
On trouvera en annexe des rapports plus détaillés sur la situation
des laboratoires en 1970, leur développement et leurs objectifs .
ANNEXES
haut
ANNEXE
A
La physique générale vers 1900
Personnels depuis l'origine
1° Professeurs :
MM.
Lamy (C.A) (2 décembre 1854)
Gripon (E) (20 septembre 1865)
Hanriot (J.B) (28
mars 1868)
Terquem (A) (21 novembre 1872)
Damien (B.C.) (11 novembre 1887)
2°
Maîtres de Conférences :
MM. Damien (B.C) (27 septembre 1880)
Duhem (P) (1er
novembre 1887)
Brunhes (B) (29 juillet 1893)
Camichel (C) (18 mars 1895)
Swyngedauw (R) (30 octobre 1895)
3° Chefs de travaux pratiques :
MM. Collardeau
(30 décembre 1884)
Paillot (R) (1er novembre 1885)
Enseignement
L'enseignement a
pour objet la préparation à l'Agrégation des Sciences physiques, au Certificat
de Physique Générale et au Certificat d'Etudes physiques, chimiques et
naturelles.
En ce qui concerne le Certificat de Physique générale, la durée de
l'Enseignement est de deux années, comme le montrent les programmes suivants :
ANNEE 1898-1899
Physique (Institut, rue Gauthier de Châtillon, 48) :
1° M.
DAMIEN professeur. - Lundi et mardi, à 2h 1/2, Acoustique et optique physique
(Cours de certificat). Mardi, à 8h. 1/2 (Conférences d'agrégation).
2° M.
CAMICHEL, docteur ès-sciences, maître de conférences. Jeudi à 2h.1/2 (1er
semestre), Capillarité, Optique géométrique (cours de certificat).
3° M. SWYNGEDAUW, docteur ès-sciences, maître de conférences. Jeudi à 8h.1/2,
Electro-dynamique, Electro-optique (Cours de certificat et d'agrégation)
.
Travaux pratiques, sous la direction du professeur; Mardi à 8h.1/2, Candidats au
certificat de physique générale. Samedi, à 8h.1/2, candidats à l'agrégation.
ENSEIGNEMENT PREPARATOIRE DES SCIENCES PHYSIQUES, CHIMIQUES ET NATURELLES
PHYSIQUE.- M. SWYNGEDAUW, docteur ès-sciences, maître de conférences. - Lundi et
mercredi, de 2h.1/2 à 4 heures. Cours. Travaux pratiques. - Vendredi, de 8h.30 à
11h30.
ANNEE 1899-1900
PHYSIQUE (Institut, rue Gauthier de Châtillon, 48) :
1°
M. DAMIEN, professeur; - Lundi et mardi, à 2h.1/2, Electricité statique,
Chaleur, Optique cristalline (Cours de certificat). Mardi, à 8h. 1/2 (Conférence
d'agrégation).
2° M.CAMICHEL, docteur ès-sciences, maître de conférences. -
Jeudi, à 2h.1/2 (1er semestre), Mesures électriques (Cours de certificat).
3° M. SWYNGEDAUW, docteur ès-sciences, maître de conférences.- Jeudi, à 8h.1/2.
Magnétisme, Électromagnétisme (Cours de certificat et d'agrégation).
Travaux
pratiques, sous la direction du professeur. - Mardi, à 8h. 1/2, Candidats au
certificat de physique générale. Samedi, à 8h.1/2. Candidats à l'agrégation.
ENSEIGNEMENT PREPARATOIRE DES SCIENCES PHYSIQUES, CHIMIQUES ET NATURELLES
PHYSIQUE. - M. SWYNGEDAUW, docteur-ès-sciences, maître de conférences.- Lundi et
mercredi, de 2h. 1/2 à 4 heures (Cours). Travaux pratiques.- Vendredi, de 8h30 à
11h30.

ANNEXE B
Programme du certificat de physique générale
I - MESURES
ABSOLUES
Systèmes
C.G.S.
II. - THEORIE GENERALE DU MOUVEMENT VIBRATOIRE
Etude du
mouvement vibratoire.
Propagation des vibrations.- Principe de Huyghens.
Réflexion et réfraction des ondes
Composition des vibrations. - Ondes
progressives et ondes stationnaires.
Composition des vibrations rectangulaires.
III. - ELASTICITE ET ACOUSTIQUE
Notions générales sur l'élasticité.
Différents
modes de vibration des corps : vibrations longitudinales et transversales.
Vitesse du son. - Tuyaux sonores.
Cordes. - Verges.
Timbre. Battements. Sons
résultants.
IV. - OPTIQUE
1° Milieux isotropes.
Réflexion. - Miroirs.
Réfraction
- Indices
Dispersion.
Achromatisme.
Spectroscopie.
Photométrie.
Vitesse de la
lumière : Roemer, Fizeau, Foucault.
Interférences.- Lames minces. - Anneaux
colorés.
Diffraction. - Réseaux. - Application aux instruments d'optique.
Pouvoir séparateur.
Réfractomètres interférentiels.
Polarisation par réflexion
et par réfraction.
2° Milieux non isotropes.
Double réfraction. - Polariseurs et
analyseurs
Interférence de la lumière polarisée.
Lumière elliptique.
Polarisation chromatique dans les lames minces cristallisées.
Polarisation
rotatoire : quartz, liquides, dissolutions.
Travaux de Pasteur.
Saccharimétrie.
Polarisation rotatoire magnétique.
V.- CHALEUR
Dilatations. - Thermométrie.
Calorimétrie.
Thermodynamique. - Principe de l'équivalence. - Principe de
Carnot.
Conservation de l'énergie. - Application des principes de la
thermodynamique.
Changements d'états. - Fusion. - Vaporisation.- Applications.
Hygrométrie.
Densité des gaz et des vapeurs. - Vapeur saturée.
Liquéfaction. -
Point critique.
Rayonnement. - Emission et absorption des radiations.
Loi de
Newton.
Conductibilité.
VI. - CAPILLARITE
Phénomènes principaux et leur
explication par la tension superficielle
VII. - ELECTRICITE
Electrostatique.
Lois élémentaires des actions électriques. - Conservation de l'électricité. -
Théorème de Gauss. - Potentiel.
Champ électrique. - Lignes de force. - Équilibre
électrique.
Induction électrostatique : Faraday
Capacité. - Condensateurs. - Energie électrique.
Electromètres. - Notions sur les diélectriques;
Expériences
de Volta. - Piles. - Force électromotrice.
Magnétisme.
Couple terrestre. -
Pôles.
Moment magnétique.
Potentiel. - Potentiel mutuel.
Définitions de
l'inclinaison et de la déclinaison.
Mesure du couple terrestre en valeur
absolue.
Electricité dynamique.
Courant électrique. - Expérience d'Oerstedt. -
Ampère.
Multiplicateur. - Boussole des sinus.
Loi d'Ohm. - Théorème de
Kirchhoff. - Dérivation, - Groupement des piles.
Phénomènes caloriques produits
par les courants : Joule.
Phénomènes thermoélectriques.
Electrolyse. -
Polarisation. Electrocapillarité.
Electromagnétisme.
Loi de Biot et Savart. -
Loi élémentaire.
Intensité électromagnétique. - Boussole des tangentes.
Equivalence d'un feuillet et d'un courant fermé.
Solénoïde.
Aimantation par les
courants. - Corps magnétiques et diamagnétiques.
Electrodynamique : notions
élémentaires.
Induction.
Phénomènes fondamentaux. - Extra-courant. - Loi de
Lenz.
Expression de la force électromotrice d'induction à l'aide de la dérivée
du flux de force
Coefficients d'induction mutuelle et de self-induction.
Mesures
électriques relatives : résistance ; - force électromotrice.
Mesure électriques
absolues : intensité ; force électromotrice ; résistance.
Mesures pratiques.
Applications.- Théorie élémentaire des machines magnéto et dynamo-électriques.
Eclairage électrique. - Transformateurs.
Téléphone et microphone.
ANNEXE C















ANNEXE D
Description de l'Institut de Physique
La forme générale de l'Institut de
Physique est celle d'un trapèze rectangle entourant une cour centrale, sur
laquelle sont pris le grand amphithéâtre et les ateliers (Fig. 1). Le bâtiment
est construit en briques et pierres. Il ne comprend qu'un étage surmonté d'un
vaste grenier, sauf d'un côté où il y a un second étage affecté au service de la
photographie et un pavillon spécial destiné aux recherches optiques .La façade
principale est située dans la rue Gauthier de Chatillon.
Aux extrémités de cette
façade se trouvent deux pavillons terminés par des terrasses s'élevant à la
hauteur d'un troisième étage, où sont installés les appareils d'observations
météorologiques. L'une des façades latérales donne sur un jardin dans lequel
sont également installés des appareils météorologiques d'après la disposition
indiquée par le Bureau central météorologique.
L'autre façade latérale est
séparée des maisons voisines par un long couloir qui sert d'entrée de service à
la Faculté de Médecine. Enfin, par sa quatrième face, l'Institut de Physique est
accolé aux bâtiments de la Faculté de Médecine.
Sauf de ce côté, par conséquent,
les laboratoires sont éclairés par l'extérieur et par la cour.
Dans la
construction de l'Institut de Physique, on a considéré trois parties distinctes,
que nous examinerons successivement :
a) La partie réservée aux leçons
expérimentales et comprenant les amphithéâtres et les salles de collections ;
b)
La partie réservée aux recherches personnelles
c) La partie affectée aux travaux
pratiques.

Figure 1. - Plan du rez-de-chaussée

Figure 2 : plan du 1er étage
a)
Amphithéâtres et salles de collections
Les amphithéâtres sont au nombre de trois
: un grand amphithéâtre, réservé aux cours publics et pouvant contenir deux
cents auditeurs, et deux petits amphithéâtres pouvant contenir une cinquantaine
d'auditeurs.
Le grand amphithéâtre est éclairé par le plafond et par deux
fenêtres latérales. On peut y faire l'obscurité en une minute au moyen de trois
rideaux noirs, qui sont mus simultanément par un système d'engrenages et de
poulies au moyen d'une manivelle placée en dehors de l'amphithéâtre et
n'exigeant qu'un petit effort..
Le tableau noir est placé derrière la table
d'expériences. Il est formé de deux parties, qui peuvent être amenées aisément à
hauteur d'homme ou être soulevées dans une sorte de frise supérieure, de manière
à laisser voir un écran blanc carré de trois mètres de côté, sur lequel se font
les projections.
Ces projections se font par réflexion. Un espace suffisant est
ménagé dans l'amphithéâtre pour l'installation des appareils de projection. De
chaque côté de la table d'expériences se trouve une hotte que l'on peut fermer
hermétiquement et qui contient un robinet à eau et une prise de gaz. Ces hottes
sont très utiles dans le cas d'expériences où se dégagent des gaz délétères.
Les
sièges sont à bascule et permettent aux auditeurs de s'introduire facilement à
leurs places respectives. Le dossier de chaque siège porte une petite tablette
servant de table à écrire aux auditeurs de la rangée postérieure. L'éclairage
peut se faire à volonté, soit par trois lampes à arc, soit par le gaz.
Deux
portes, donnant directement sur le couloir d'entrée et placées, par conséquent,
à proximité de l'entrée principale de l'Institut, donnent accès au grand
amphithéâtre.
Les petits amphithéâtres Y, C (Fig. 1) sont placés symétriquement
par rapport à l'entrée principale , ils sont éclairés par des fenêtres prenant
jour sur la rue Gauthier-de-Châtillon. Les tables-pupitres sont disposées
parallèlement à la table d'expériences. Derrière cette table se trouve un
tableau noir ardoisé. Les projections se font latéralement sur un écran de toile
portatif. On peut y faire l'obscurité au moyen de rideaux en toile cirée.
L'éclairage artificiel est produit par quatre grandes lampes à récupération.
Les
salles de collections occupent toute la façade du premier étage. Elles se
composent de deux parties : d'abord, une salle D (Fig.2), de 50 m de longueur,
terminée de chaque côté par une salle plus petite C, E, correspondant aux
pavillons de la façade principale.
Dans cette grande salle se trouvent douze
armoires identiques, placées dans les intervalles de deux fenêtres consécutives.
Ces armoires sont de véritables cages vitrées de 2m50 de long. 2,25m de haut et
o,80m de profondeur. Elles s'ouvrent des deux côtés et sont disposés
perpendiculairement à la façade. Les portes vitrées s'appliquent sur des tubes
en caoutchouc formant fermeture hermétique et empêchant d'une façon absolue
l'entrée des poussières dans ces armoires. Les salles extrêmes, C et E, outre
les vitrines placées contre les murs, contiennent deux grandes vitrines carrées,
placées au milieu des salles et s'ouvrant de quatre côtés. Enfin, le long du mur
opposé à la façade, règne une longue vitrine, séparée en deux parties égales par
une porte médiane. Cette porte donne accès dans un long corridor B (Fig. 2),
prenant le jour principalement par le plafond et bordé des deux côtés par des
vitrines .
Un monte-charge, placé dans la cage de l'escalier de service, permet
de transporter les appareils, dont le poids dépasse une certaine limite, du
rez-de-chaussée au premier et inversement. Ce monte-charge est actionné par un
moteur électrique, utilisant le courant provenant des accumulateurs.
b)
Laboratoires de recherches personnelles
Ces laboratoires, en raison de la
stabilité exigée par les recherches de haute précision, sont installés au
rez-de-chaussée.
Le professeur-directeur dispose d'un cabinet de travail V
(Fig.1), d'une salle de balances U et de deux laboratoires de recherches T et S.
Le maître de Conférences a à sa disposition un cabinet de travail:E et un
laboratoire F.
Le chef des travaux pratiques a un cabinet de travail I et un
laboratoire H.
Les salles G, L, M, O, P et R sont mises à la disposition des
travailleurs (élèves ou professeurs).
Tous les laboratoires de recherches sont
construits sur le même plan. Il nous suffira donc de décrire l'un d'eux. Le
plancher est parqueté et ciré. Chaque laboratoire possède un pilier indépendant
du plancher. Ce pilier est en briques ; il est surmonté d'une dalle de pierre
carrée de o,80m de côté. Il repose sur une couche de béton pénétrant
profondément dans le sol de la cave sous-jacente. La stabilité de ces piliers
est très grande. Tous les piliers sont placés sur une même ligne. Des
ouvertures, pouvant se fermer par des portes, sont aménagées dans les murs qui
séparent les laboratoires à grande distance.
Les fenêtres sont garnies de
rideaux en toile noire, glissant dans des coulisses et permettant de faire
l'obscurité dans les salles.
Une poutre en bois est fixée au plafond et porte
des poupées en porcelaine soutenant des fils électriques. D'autres poupées en
porcelaine sont également fixées à des pièces de bois ancrées dans les murs. Ce
dispositif permet de circuler aisément dans les laboratoires où s'effectuent des
recherches électriques.
Une lampe à récupération éclaire le laboratoire. Dans
chacun de ces laboratoires se trouvent également une ou deux prises de courant.
L'un des côtés de chaque salle porte une table en lave émaillée de 2,50m d long
et o,80 m de large, avec, au milieu, un petit évier, au dessus duquel se trouve
une prise d'eau.
De chaque côté de la prise d'eau sont installées des prises de
gaz.
Dans l'épaisseur du mur, qui sépare deux laboratoires, est une hotte
commune aux deux salles contiguës.
Du côté opposé à la table de lave, se trouve
une table armoire, qui rend de grands services et comme table et comme armoire.
Chaque laboratoire possède en général deux tables en chêne très massives : une
très grande placée au milieu de la salle, une autre plus petite placée sur le
pilier isolé. Enfin des consoles en ardoise sont solidement encastrées dans le
mur à différents endroits L'expérience a démontré que ces consoles étaient tout
aussi stables que les piliers en maçonnerie.
Quelques salles du rez-de-chaussée
ont reçu une affectation spéciale. Nous les passerons brièvement en revue. La
salle W (Fig.1) est réservée à la bibliothèque de l'Institut. On y trouve les
ouvrages de première nécessité et les principales revues périodiques françaises
et étrangères.
En N se trouve une salle de débarras.
Enfin , la salle K est
réservée aux recherches photométriques. Les murs, le plancher, le plafond et les
étagères sont peints en noir mat. Des rideaux noirs, d'un maniement facile,
permettent de partager cette salle en différentes cellules indépendantes, dans
lesquelles plusieurs opérateurs peuvent manipuler simultanément. Des étalonnages
se font soit au moyen de la lampe Carcel, soit au moyen de la lampe Hefner-Alteneck, vérifiée par le Physikal hochtechnick-reichsanstalt de Berlin.
c) Laboratoires des travaux pratiques
Ces laboratoires qui exigent moins de
stabilité occupent tout le premier étage, à l'exception de la façade. C'est une
série de pièces où peuvent s'installer à poste fixe les appareils destinés aux
manipulations. Ces diverses pièces peuvent s'isoler complètement, le travail qui
se fait dans l'une ne devant pas gêner celui qui se fait dans les pièces
voisines.
Pour permettre aux professeurs une surveillance facile, toutes ces
salles de travaux pratiques donnent sur un corridor qui fait le tour de
l'Institut. Ces salles sont, dès lors, un peu plus étroites que celles du
rez-de-chaussée. Les salles F et Y (Fig. 2) servent de cabinets de travail aux
préparateurs , la salle R sert de verrerie. Toutes les autres, au nombre de
seize, sont utilisées par les travaux pratiques. Soixante-dix élèves peuvent y
manipuler à l'aise.
Comme les salles de recherches, les laboratoires de travaux
pratiques ont une table en lave émaillée, une armoire basse et un certain nombre
de consoles en ardoise scellées dans le mur et très stables. Enfin, dans chaque
salle, se trouvent des prises de gaz, d'eau et de courant électrique.
d) Caves
de l'Institut : Atelier
Les caves s'étendent sous l'édifice tout entier. Il y a
autant de pièces dans le sous-sol qu'au rez-de-chaussée. A l'exception des
salles du fond, qui ne sont éclairées que par d'épaisses plaques de verre dépoli
situées dans la cour, toutes les autres possèdent en outre des fenêtres prenant
jour, soit sur la rue, soit sur le jardin. Les piliers des salles de recherches
y sont apparents. On pourrait y installer avec la plus grande facilité des
laboratoires à température constante.
Salle des accumulateurs ; atelier. - L'une
des caves contient une batterie de quarante accumulateurs Tudor. Ces
accumulateurs sont chargés au moyen d'une dynamo actionnée par un moteur à gaz
de Crossley de huit chevaux et demi.
La dynamo et le moteur sont placés dans
l'atelier situé au-dessus de cette cave et derrière le grand amphithéâtre.
Cet
atelier est divisé en trois parties :
La salle du moteur
La salle des garçons de
laboratoire, où se fait le nettoyage des ustensiles ;
La salle du mécanicien.
Cette dernière salle, qui est la plus importante, contient des tours, des
perceuses mécaniques, des établis, etc., en un mot tous les instruments
nécessaires au travail du bois et des métaux. Les tours sont mus par un moteur
électrique, qui utilise le courant de l'horloge électrique qui distribue l'heure
dans les différentes parties de l'Institut.
Ajoutons que tous les laboratoires
possèdent un téléphone aboutissant à un tableau central, situé dans la salle des
garçons de laboratoire, de telle sorte que, de l'une des salles, on peut
communiquer avec toutes les autres. L'Institut est d'ailleurs relié au réseau
téléphonique de la ville.
Pavillon d'optique et laboratoire de photographie. -
Un pavillon spécial, situé au-dessus de la salle R, est affecté aux recherches
d'optique. L'orientation est telle qu'il reçoit le soleil toute la journée.
Chaque fenêtre est munie d'un solide appui en pierre, très large, sur lequel on
peut installer un héliostat.
Le deuxième étage de l'aile du bâtiment contiguë au
jardin, renferme le laboratoire de photographie, qui comprend :
1° Une salle de
pose ;
2° Une salle de préparation des produits et de lavage des épreuves ;
3°
Deux petites chambres noires ;
4° Une salle d'agrandissement ;
5° Une salle pour
la conservation des clichés et des produits photographiques.
Les deux pavillons
de la façade principale sont, comme nous l'avons dit, affectés au service de la
météorologie. Ce service, parfaitement organisé, rend de grands services aux
agriculteurs de la région.
Eclairage. - L'Institut de physique utilise
généralement l'éclairage au gaz. Cependant, le vestibule d'entrée, le grand
amphithéâtre et les cabinets du professeur, du maître de conférences et du chef
des travaux sont éclairés à l'électricité, soit par des lampes à arc, soit par
des lampes à incandescence. Le courant est fourni par les accumulateurs.
Chauffage. - Le chauffage des amphithéâtres, des vestibules, d'une partie des
laboratoires de recherches et des salles de collections a lieu par circulation
d'eau chaude sous pression dans les tuyaux disposés en jeu d'orgue, d'après le
système Perkins. L'installation en a été faite par MM. Sée, ingénieur, 15 rue
d'Amiens, à Lille et a coûté 11 500 F. La quantité de coke consommée en 1898 par
les trois foyers de cette installation a été de 400 hectolitres. Les autres
laboratoires, et notamment les salles de travaux pratiques, sont chauffés par
des appareils à combustion lente.
Coût de la construction. - La construction de
l'Institut de Physique a coûté 700.000 F.
Appareils à signaler. -
1° De nombreux
appareils provenant de Pasteur, Delezenne et Terquem ;
2° Une machine
électrostatique de Toepler à vingt plateaux ;
3° Un appareil de photo
micrographie de Zeiss ;
4° Un total réfractomètre de Pulfrich ;
5° Un grand
électroaimant en forme de cercle de Du Bois, donnant un champ de 40 000 unités
C. G. S. ;
6° Un goniomètre de Brünner, donnant les 5" ;
7° Un héliostat de Silbermann, très grand modèle, construit par Pellin, et qui figura à
l'Exposition de Chicago.

ANNEXE E
Physique industrielle
Chargé du cours : M.
CAMICHEL
A) HISTORIQUE
Années (1894-95) - (1895-96) - (1896-97)
En 1894 M.
Brunhes, maître de conférences, commence dans les locaux de l'Institut de
Physique générale dirigé par M. Damien, un cours public semestriel de Physique
Industrielle. Ce cours est continué, dans les mêmes locaux, pendant les deux
années suivantes (1895-96) et 1896-97) par M. Camichel, successeur de M.
Brunhes.
En 1896 (22 janvier), l'examen de licence est transformé par la
création des certificats. La Faculté des Sciences, par arrêté ministériel du 13
juillet 1896, est autorisée à délivrer le certificat de physique industrielle.
Pour organiser le nouvel enseignement, le cours public de Physique industrielle
est transformé en conférence hebdomadaire (décision ministérielle de juillet
1897). En novembre 1897, M. Camichel, chargé du service de la Physique
Industrielle, fait par semaine, dans les locaux situés, 1, rue des Fleurs, deux
conférences durant toute l'année, et une conférence semestrielle de Physique
Industrielle. En outre, toutes les semaines, a lieu une séance de travaux
pratiques de 4 heures, à la fin de laquelle les exercices, dessins et projets
donnés aux élèves sont corrigés. Enfin, des excursions dans les usines de la
ville et des environs sont faites sous la Direction du Professeur. Ce régime
dure encore actuellement.
B) CERTIFICATS. - PROGRAMMES
ELECTRICITE
I
Notions
fondamentales. Quantité d'électricité, potentiel, capacité, courant, résistance,
énergie électrique. - Lois de Faraday, Ohm, Joule, Kirchoff. Piles et
accumulateurs. Propriétés des aimants, susceptibilité, perméabilité, hysteresis.
Phénomènes magnétiques dus aux courants. - Électroaimants. - Circuit magnétique,
force magnéto-motrice, résistance magnétique. - Induction.
II
Mesures
électriques. - Mesure des vitesses, de la puissance mécanique. Galvanomètre,
ampéremètres, voltmètres, mesure des résistances. - Mesure des forces
électromotrices. Mesure des intensités. - Mesure des capacités; Mesure des
coefficients de self induction. - Compteurs électriques, Wattmètres. - Mesure
des champs magnétiques, de la perméabilité, de l'hystérésis. - Essais des
accumulateurs.
III
Machines à courants continus. Description et théorie. -
Calcul des éléments d'une dynamo de puissance donnée. - Essais des dynamos. -
Transformateurs à courants continus. Courants alternatifs. - Etude théorique et
expérimentale. - Description et théorie des alternateurs. - Calcul d'un
alternateur. - Essais. - Transformateurs de courant continu en courant
alternatif. Générateurs polyphasés. - Théorie et description des générateurs
polyphasés. - Calcul et essais. Moteurs à courants alternatifs, asynchrones et
synchrones. - Transformateur de courant monophasé, de courants polyphasés, de
diphasé en triphasé.
IV
Canalisations. Appareillage, courant continu et
alternatif, basse et haute tension. - Appareils de protection.
V
Eclairage
électrique. - Arc voltaïque. - Fabrication des charbons. Régulateurs. - Lampes à
incandescence : fabrication, vie d'une lampe à incandescence, prix de la
lumière. - Eclairage public. - Distribution des conducteurs pour l'alimentation
d'un réseau.
MACHINES A VAPEUR ET MOTEURS A GAZ
I
Conservation de l'énergie. -
Principe de l'équivalence. - Principe de Carnot. - Etude des gaz et des vapeurs.
II
Machine à vapeur. - Etude expérimentale et théorique. Essais des machines à
vapeur. - Description des principaux types;
III
Combustion des mélanges
tonnants. - Chaleur et température de combustion des divers gaz et combustibles
employés industriellement. - Moteurs à gaz. - Etude expérimentale et théorique.
- Essais des moteurs à gaz. - Description des principaux types.
ECLAIRAGE PAR LE
GAZ
Emission des divers corps. - Rendement photogénique. Récupération. -
Incandescence par le gaz. - Acétylène.
C) ELEVES BENEVOLES
Les élèves bénévoles
sont des personnes qui viennent au Laboratoire pour se préparer à la carrière
d'ingénieur électricien ou simplement pour étudier une question spéciale
relative à l'industrie électrique, ou à l'éclairage. Ces élèves font au
Laboratoire, des essais, des recherches, ils visitent les usines et font des
stages dans les stations centrales de la région. En sortant du Laboratoire, les
élèves bénévoles trouvent facilement à se placer, comme l'expérience l'a montré.
Règlement intérieur des élèves bénévoles
Par décision ministérielle du 8
décembre 1896, M. le Ministre de l'Instruction publique a approuvé la
délibération prise le 18 novembre 1896 par l'Assemblée de la Faculté des
Sciences, à l'effet d'appliquer au Laboratoire de Physique Industrielle le
règlement du 20 mai 1895, fixant les conditions d'admission des élèves bénévoles
et la rétribution à exiger d'eux.
Règlement
Article premier. - Toute personne
qui désire entrer au Laboratoire comme élève bénévole, doit en faire la demande
par écrit au Professeur. L'admission est prononcée par le Doyen de la Faculté
des Sciences. Aucun grade universitaire n'est exigé;
Art. 2. - Le laboratoire
est ouvert du 2 novembre au 1er août avec un intervalle de quinze jours de
vacances répartis entre les vacances de Pâques et du nouvel an ; les élèves y
sont admis tous les jours, de 9 heures à midi, et de 14 à 19 heures., sauf les
dimanches et les jours fériés.
Art. 3. - Les élèves admis à travailler paient
une rétribution de 30 F par mois, qu'ils versent en janvier, avril, juillet et
novembre, chez l'agent comptable, sur titre de perception délivré par le Doyen.
Art. 4. - Chaque élève a une place de travail. Le laboratoire lui fournit en
outre l'eau, le gaz, l'électricité, et les appareils nécessaires aux
expériences;
Art. 5. - Les élèves sont responsables des appareils qui leur sont
confiés. Les appareils perdus, ainsi que les frais de réparation des appareils
détériorés par eux, faute d'avoir pris les précautions suffisantes, seront
portés à leur compte. Ces frais, dont le montant sera indiqué au Secrétaire de
la Faculté, seront acquittés par eux avec la rétribution trimestrielle.
Art. 6.
- Outre les travaux du Laboratoire, les élèves doivent suivre les cours et les
conférences de la Faculté indiqués par le Professeur.
Art. 7. - Tout élève doit,
en quittant le Laboratoire donner sa démission par écrit au Professeur, qui se
chargera de la transmettre au Doyen de la Faculté.
Art. 8. - Les élèves du
Laboratoires de Physique industrielle sont soumis à la juridiction universitaire
et au règlement disciplinaire de la Faculté.
D) BREVET D'ETUDES
ELECTROTECHNIQUES
Les élèves bénévoles pourront préparer un diplôme spécial, qui
facilitera leur placement comme ingénieur, ce diplôme porte le nom de Brevet
d'études électrotechniques, il a été approuvé par décret ministériel du 20
décembre 1899.
Règlement du brevet d'études électrotechniques
Art. I. - Il est
créé à l'Université de Lille un diplôme portant le nom de brevet d'études
électrotechniques, et conférant aux candidat possédant le dit brevet le titre
d'électricien diplômé de l'Université de Lille.
Art. II. - Aucun titre n'est
exigé des candidats, qui devront néanmoins faire preuve de connaissances
suffisantes devant le Professeur de Physique Industrielle.
Art. - Les Candidats
au brevet d'études électrotechniques sont astreints à une année d'études comme
élèves bénévoles au Laboratoire de Physique Industrielle et doivent acquitter
les mêmes droits de bibliothèque, d'immatriculation et de travaux pratiques que
les élèves bénévoles.
Art. IV. - L'examen comprend :
1° Une composition écrite
sur l'électricité, dont le sujet est pris dans le programme du certificat de
Physique Générale et dans celui du Certificat de Physique Industrielle. La durée
de cette composition est de quatre heures. Les candidats possédant les deux
certificats de Physique générale et de Physique industrielle en sont dispensés,
une première admissibilité est prononcée après cette composition ;
2° Une
deuxième épreuve (projet), durée de huit heures ;
3° Une épreuve pratique prise
dans le programme du Certificat de Physique Industrielle. Les candidats
possédant le certificat de Physique Industrielle en sont dispensés. Une deuxième
admissibilité est prononcée après les épreuves précédentes.
4° L'examen oral
composé comprend :
a. Des interrogations sur l'électricité générale, d'après le
programme du certificat de Physique générale ; les candidats munis de ce
certificat en sont dispensés :
b. Des interrogations sur l'électricité
industrielle d'après le programme du certificat de Physique Industrielle ; les
candidats munis de ce certificat en sont dispensés ;
c. La soutenance devant le
jury d'examen d'un travail personnel sur une question relative à l'électricité;
Art. V. - L'examen est fait par un jury de trois membres pris parmi les
professeurs de l'Université, l'un d'eux pouvant être remplacé par un ingénieur
électricien spécialement désigné par Monsieur le Recteur.
Art. VI. - Le diplôme
conféré au candidat porte l'indication des divers grades obtenus par lui et des
travaux personnels publiés par lui.
Art. VII. - Relatif aux droits d'examen et
de diplôme.
E) ESSAIS INDUSTRIELS
Indépendamment de ces divers enseignements, le
Laboratoire de Physique Industrielle a pour objet :
1° D'étalonner les appareils
de mesures appartenant à des tiers ;
2° De déterminer les constantes d'appareils
industriels.
3° D'étudier des appareils nouveaux ou des méthodes nouvelles ayant
trait à l'électricité industrielle.
Une société a été fondée à Lille (Déc. 1898)
pour le contrôle des Installations électriques, sous la présidence de M. Arquembourg ;.cette société, qui comprend actuellement un nombre considérable
d'abonnés dans la région du Nord, apporte au Laboratoire de Physique
industrielle des appareils à vérifier. Les essais de machines, de lampes qui
sont demandés à cette Société sont faits également au Laboratoire.
ANNEES
1898-1899
Un cours par semaine pendant toute l'année, Courants alternatifs,
génératrices.
Un cours par semaine pendant toute l'année, Courants continus,
génératrice.
Un cours semestriel, Canalisations, commencement de l'étude des
transformateurs.
Une séance de travaux pratiques, 4 heures par semaine pendant
toute l'année. Courants continus et mesure photométriques.
1899-1900
Un cours
par semaine durant toute l'année. Sur les moteurs à courants alternatifs.
Un
cours par semaine durant toute l'année. Projets et calculs de machines à
courants continus, moteurs.
Un cours semestriel. Transformateur.
Une séance de
travaux pratiques, 4 heures par semaine. Essais d'alternateurs de moteurs
asynchrones synchrones et de transformateurs. Lampes à arc à courants
alternatifs.

ANNEXE F
Institut
de Physique Industrielle
Cet institut comprend au
rez-de-chaussée :
Une salle de machines (120 mètres carrés) qui contient les
génératrices et les tableaux, une salle de machines qui contient les réceptrices
et leurs tableaux (80 mètres carrés), une salle d'accumulateurs (30 mètres
carrés), une menuiserie, un atelier, un laboratoire à proximité de la salle des
machines, une forge, enfin une salle d'étalonnage, une salle de collections et
un amphithéâtre ;
Au premier étage on trouve :
Le cabinet du professeur, une
bibliothèque, le laboratoire du professeur, le laboratoire des élèves bénévoles,
une salle de photométrie, le laboratoire du préparateur et le logement du
mécanicien, enfin un grand amphithéâtre qui sert pour les cours publics.
SALLE
DES MACHINES ET SALLE DES ACCUMULATEURS
La salle des machines comprend un moteur
Letombe à double effet de 25 chevaux. L'allumage est électrique et peut être
retardé ou avancé par une manoeuvre très simple. Ce moteur est caractérisé par
le procédé de réglage suivant : on opère une surcompression de la charge quand
le travail résistant diminue. Le moteur est supporté par un massif en maçonnerie
descendant dans le sol à deux mètres de profondeur. La mise en route se fait au
moyen d'un mélange tonnant que l'on introduit dans le cylindre et que l'on
allume ensuite. Ce moteur est muni d'une poulie à circulation d'eau intérieure
pour les essais au frein et d'une disposition spéciale permettant de prendre des
diagrammes des deux côtés du piston.. L'embrayage est à friction. Chaque dynamo
est actionnée par une courroie spéciale, de dimensions suffisantes pour atténuer
les glissements sans avoir à augmenter trop sa tension. Les dynamos sont fixées
sur des rails longitudinaux parallèles à la transmission et ayant comme elle 10
mètres de longueur. Ces rails sont noyés à leur partie inférieure dans un massif
en béton très solide.
Sur les rails longitudinaux sont fixés des rails
transversaux (rehausses) qui supportent les machines et servent en même temps de
rails tendeurs.
A côté de la salle des machines, se trouve celle des
accumulateurs qui est munie d'une grande cheminée d'aération et qui est éclairée
par des lampes à incandescence protégées contre les vapeurs acides. Cette salle
contient deux batteries d'accumulateurs :
1° une batterie d'accumulateurs
Peigne, de la Société électrique du Nord, cette batterie a comme capacité 90
ampères. heure, et peut débiter normalement 40 ampères
2° une batterie de 66
éléments Tudor type AM7 de 300 amp. h. pouvant débiter 200 ampères. Ces deux
batteries sont isolées avec le plus grand soin.
La batterie A M 7 est chargée
par une machine L C 33 de la maison d'Eclairage Electrique de Paris ; cette
machine est de 17,500 kw, 1000 tours et par un survolteur de 5500 w, vitesse
1500 tours, type L C 22 de la même maison. Le tableau de charge monté sur marbre
comprend un réducteur double circulaire, deux disjoncteurs, des interrupteurs et
des coupe-circuits. Il est installé comme dans une station centrale,
c'est-à-dire qu'il permet de faire toutes les combinaisons désirables.
Indépendamment de ces deux dynamos, on trouve sur le chantier d'essais une
dynamo Manchester, une dynamo tétrapolaire de la Société électrique du Nord.
Pour les courants alternatifs, le Laboratoire possède une génératrice triphasée tétrapolaire à fréquence variable de 7 kw, 190 volts composés, 110 volts par
phase, et 22 A, montée en étoile, 40 Hz pour 1200 tours ( on peut également
obtenir 50, 60 et 80 Hz, la courroie passant sur un double cône) et un
alternateur diphasé 110 volts 20 A par phase à 40 Hz.
Un chemin roulant permet
de déplacer les machines et de les soulever, sa force est de 3 tonnes.
La salle
des machines comprend huit tableaux : pour la charge de la batterie peigne, pour
le couplage des éléments de cette batterie en tension et en quantité, pour la
charge de la grande batterie en tension et quantité, pour la charge de la grande
batterie, A M 6, pour les essais en courant continu (ce tableau permet de faire
tous les essais désirables), pour les essais en courant alternatif, enfin deux
tableaux spéciaux pour la haute tension, un tableau pour les indications de
phases et pour le couplage des alternateurs.
La haute tension est obtenue par 3
transformateurs identiques systèmes Labour (l'un des circuits 100 v 25 a l'autre
circuit 2500 v), ces transformateurs sont munis des protections ordinaires.
La
dynamo L C 33 sert comme réceptrice, elle peut donner dans ces conditions plus
de 20 chevaux quand on l'actionne au moyen de la batterie A M 7. On fait, dans
ces conditions, des essais et des expériences avec toute la régularité
désirable. Un gros rhéostat de démarrage et le grand tableau permettent cette
dernière manoeuvre.
Les appareils placés sur les tableaux sont des Chauvins et
Arnoux, des Weston, des Cardew, des multicellulaires, des Weston, des Cardew,
des multicellulaires, des Hartman et Braun. Les tableaux sont autant que
possible éloignés des machines, ils sont disposés à 60 cm en avant des murs et
toutes les connexions sont visibles, faciles à suivre et au besoin à modifier.
Un garde-fou entoure et empêche les visiteurs de s'approcher de celles-ci, des
écriteaux spéciaux avertissent des dangers et en particulier pour la haute
tension, on a placé des pancartes avec , "2500 volts, mortel" ; à côté se trouve
la description sommaire des soins à donner aux blessés et les moyens nécessaires
pour pratiquer la respiration artificielle. Enfin les règlements divers exigés
par les inspecteurs du travail sont affichés dans la salle des génératrices.
SALLE DES RECEPTRICES
Elle comprend, outre les moteurs à courant continu et leur
rhéostat de démarrage:
1° Un moteur Brown asynchrone, non bobiné, triphasé, dont
l'inducteur peut être monté à volonté en étoile ou en triangle.
2°Un moteur
asynchrone à induit bobiné avec son rhéostat pour le démarrage en charge ;il
vient des ateliers d'Oerlikon.
3° Un moteur synchrone monophasé avec son
dispositif de démarrage par création artificielle de phase, on trouve également,
dans cette salle, des freins à corde, des freins de Prony, qui permettent de
mesurer les puissances produites ; on emploie aussi à cet effet les dynamos à
courant continu préalablement étudiées au point de vue du rendement. Le
laboratoire possède également une commutatrice, des transformateurs de phases.
ATELIER
Il comprend :
1° un tour complet mû électriquement par un moteur Fabius Henrion, ce tour a 1,50m entre les pointes ,
2° Une machine à percer ;
3° Un
étau limeur
4°une salle de menuiserie ; une forge
SALLE D'ETALONNAGE
On y trouve
: des couples étalons Gouy, Larimer, Fleming ; le voltmètre étalon est placé sur
deux massifs en maçonnerie traversant le plancher sans le toucher, il comprend
un Deprez d'Arsonval, avec l'échelle, commutateur de courant et de boites de
résistances allant jusqu'au mégohm, des résistances métalliques pouvant
supporter 10A, 100A, 200A, trois modèles de l'ampèremètre étalon thermique, un
voltamètre à argent, une balance, une grande résistance sans self ni capacité de
10 000 W, pouvant supporter un A, pour l'étalonnage des multi-cellulaires à
haute tension, des capacités, un balistique, des appareils d'essais de fer et
des tôles.
SALLE DE COLLECTION
Appareillage électrique pour tableaux. Basse et
haute tension. Appareils de protection. Appareils de précision. Diapason pour la
graduation des tachymètres, chronomètres, électrodynamomètres, wattmètres,
ampèremètres et voltmètres Weston, etc. Collection de lampes de divers modèles.
Au premier étage on trouve, en particulier : La salle de photométrie, qui
comprend un banc photométrique de trois mètres avec miroir incliné permettant
d'étudier les sources lumineuses dans les diverses directions , un écran Bunsen
à tache d'huile, une lampe Carcel.
LABORATOIRE DES ELEVES BENEVOLES
Le
laboratoire des élèves bénévoles a 30 mètres carrés de surface, les élèves ont à
leur disposition, dans ce laboratoire, du courant continu à basse tension et du
courant alternatif mono et polyphasé à basse tension.
ANNEXE G
Les laboratoires
de recherche et les Physiciens en 1970
















ANNEXE H
Evolution de quelques
Laboratoires de recherche après 1970
I. Le laboratoire de Spectroscopie
Hertzienne
1 - SON HISTOIRE, SON EVOLUTION
Plusieurs faits marquants ont jalonné
le développement du Laboratoire de Spectroscopie Hertzienne (L.S.H.) dans son
activité scientifique, son organisation et ses structures.
1-1 La naissance d'un laboratoire universitaire
Fondé en 1958 par M. Wertheimer, alors jeune ingénieur
au Centre National d'Etude des Télécommunications, dans le cadre de l'Institut
de Physique de la Faculté des Sciences de Lille, le Laboratoire de Spectroscopie
Hertzienne ne comportait, outre son responsable, qu'un seul assistant auquel
vint s'ajouter un candidat au Diplôme d'Etudes Supérieures (D.E.S).
Dans le
cadre de l'Institut de Physique, l'activité scientifique du Laboratoire a été
consacrée principalement au développement d'un ensemble de spectrométrie
fonctionnant sur une large gamme de longueur d'onde millimétrique.
La création
d'un 3ème cycle d'études supérieures universitaires a permis de recruter des
étudiants préparant un Doctorat tout en participant à l'activité scientifique du
Laboratoire.
En 1962, l'accroissement des moyens, en personnel et en matériel, a
permis au Laboratoire de Spectroscopie Hertzienne de prendre son essor.
En 1967,
l'emménagement dans les nouveaux locaux plus vastes de l'Université des Sciences
et Techniques de Lille située sur le Domaine Universitaire et Scientifique de
Villeneuve d'Ascq et les crédits d'installation correspondants ont joué un rôle
très important dans le développement du Laboratoire.
1-2 L'association avec le CNRS
Le 1er janvier 1968 tous les efforts des chercheurs du Laboratoire ont
abouti à sa reconnaissance comme Equipe de Recherche Associée au C.N.R.S.
(E.R.A. n° 150), pour une durée de quatre ans renouvelable.
En 1976, la
notoriété du Laboratoire et sa structure ont amplement justifié le passage au
statut de laboratoire de Recherche Associé au C.N.R.S. (L.A. n° 249). Cependant,
les moyens alloués au Laboratoire n'avaient pas réellement progressé durant la
première phase de l'association : le budget de fonctionnement avait diminué, en
francs constants, de plus de 30% au cours du dernier contrat d'association de l'E.R.A.,
le recrutement s'était tari au niveau de l'Enseignement Supérieur et aucun poste
administratif n'avait été accordé au Laboratoire.
Cette situation critique
risquait de remettre en cause la cohésion et la structure collective du
Laboratoire, donc contraignante pour les chercheurs dès lors que celle-ci
obligeait l'un d'entre eux à se transformer en administratif pour en assurer la
gestion financière. Le C.N.R.S. prit conscience de ce risque et attribua un
poste de secrétaire à mi-temps au Laboratoire en 1979.
En 1983, Monsieur le
Professeur R. Wertheimer quitta la direction du Laboratoire après avoir exercé 3
mandats de responsable de l'unité associée. Monsieur le Professeur B. Macke prit
la direction du Laboratoire jusqu'en 1991. Sous son impulsion le Laboratoire
continua de se développer tant du point de vue qualitatif que quantitatif. Au
cours de la période 1988-1991, le Laboratoire a bénéficié d'un rajeunissement
considérable de ses membres grâce, en particulier, au recrutement de sept
Maîtres de Conférences.
2- La plus grande structure de recherche en physique de l'Université
Grâce notamment à son potentiel humain composé
d'enseignants-chercheurs, de chercheurs d'ingénieurs, de techniciens et
d'administratifs, et à ses moyens matériels, le Laboratoire de Spectroscopie
Hertzienne (L.S.H.) est l'un des plus importants laboratoires de l'Université de
Lille I. Il constitue la plus grosse structure de recherche de l'U.F.R. de
Physique. Le L.S.H. est une unité de recherche associée au C.N.R.S. rattachée au
département Sciences Physiques et Mathématiques.
2-1 LA STRUCTURE DU L.S.H.
2-1-1- Les effectifs
Le Laboratoire a subi un accroissement constant de ses
effectifs depuis les années 1970 .Il comprend actuellement 37
enseignants-chercheurs, 8 chercheurs C.N.R.S., 12 ingénieurs techniciens et
administratifs. A ce personnel permanent viennent s'ajouter plus de 20 doctorats
sous contrat à durée déterminée et plusieurs chercheurs invités pour des séjours
de moyenne durée.
2-1-2- l'organisation
L'organisation et la structure actuelles
du laboratoire se sont mises en place progressivement depuis les années 1970.
Outre le Directeur de l'unité associée (actuellement Monsieur le Professeur
Glorieux), et le Conseil de Laboratoire qui l'assiste, le Laboratoire est
organisé scientifiquement en opérations de recherche dont les thèmes n'ont
jamais cessé d'évoluer à partir des deux grands axes de recherche qui se
trouvaient à son origine : étude des structures moléculaires, physique des
interactions molécules-rayonnement.
Pour soutenir une recherche à dominante
expérimentale, le L.S.H. a été amené à mettre en place un certain nombre de
services d'assistance technique : une salle d'optique, un service d'électronique
et de micro-informatique scientifique, un accès à un atelier de mécanique. Il
bénéficie en outre d'un secrétariat chargé de sa gestion financière et
administrative.
L'activité scientifique du Laboratoire, telle qu'elle ressort
des différents rapports scientifiques rédigés depuis son association au C.N.R.S.
, montre qu'elle ne se prête pas à une organisation administrative justifiant un
organigramme normalisé. Le premier organigramme du Laboratoire ne fit son
apparition que dans le rapport scientifique de 1981.
2-2 L'ACTIVITE DU L.S.H.
L'activité du L.S.H. est centrée sur deux thématiques de recherche majeures :
-
la spectroscopie moléculaire haute résolution : Un spectre de rotation ou de
vibration est, en fait ,une "empreinte digitale" de la molécule permettant, par
exemple, d'en détecter la présence dans l'espace interstellaire.
- les lasers et
l'optique non linéaire : Il s'agit d'étudier les phénomènes instables et
chaotiques, notamment dans les lasers à gaz carbonique (CO2).
D'autres
recherches sont menées en optoélectronique, semi-conducteurs et génie laser.
Un
comité scientifique, placé auprès de l'unité et constitué principalement de
personnalités scientifiques extérieures au Laboratoire du Président de l'U.S.T.L.,
du Directeur du département scientifique S.P.M., du Délégué Régional du
C.N.R.S., est chargé d'en évaluer pour le C.N.R.S. l'activité scientifique tous
les deux ans.

II - Laboratoire de Physique des Solides
(actuellement: Laboratoire de dynamique et structures de
matériaux moléculaires LDSMM)
Nommé en 1963 Maître de
Conférences, R. Fouret crée un Laboratoire de Physique des Solides. Le premier
thème abordé fut l'étude des vibrations atomiques ou moléculaires dans les
cristaux par diffusion des rayons X, en particulier dans les cristaux
moléculaires.
Le responsable du laboratoire et ses collaborateurs ont été
amenés, en premier lieu, à fabriquer des monocristaux (par cristallisation de
solutions ou refroidissement progressif d'un liquide). Leur réputation dans ce
domaine leur permit de développer plusieurs collaborations et amena le Groupe
Français de Croissance Cristalline à tenir son congrès à Lille. Rapidement la
diffusion des Rayons X a été supplantée par la diffusion neutronique,
principalement grâce à l'ouverture de l'Institut Laue-Langevin et ensuite à
l'accès au Laboratoire Léon Brillouin. Les chercheurs du laboratoire étudièrent
par diffusion quasi-élastique incohérente et par diffusion inélastique cohérente
les mouvements des molécules dans des cristaux à désordre orientationnel :
adamantane et ses dérivés monosubstitués, le succinonitrile, l'acide pivalique,
le tetrabromure de carbone, le nitrate de sodium et les phases modulées des tétraméthylammonium. Ce travail
a été complété par de nombreuses études de diffusion Raman. La mise en évidence
de l'Etat Vitreux dans le cristal de cyanoadamantane a conduit au développement
de nombreux travaux de recherche qui continuent sous la direction de M.
Descamps.
La nomination de J. Billard en 1968 a permis de développer une autre
composante des cristaux possédant une phase mésomorphe : les cristaux liquides.
Leurs phases et leurs transitions de phase ont été caractérisées par
calorimétrie et par des méthodes optiques.
L'activité du laboratoire a été
étendue à l'étude théorique des vibrations de surfaces, d'interfaces, de super-réseaux avec l'arrivée de deux chercheurs confirmés venant d'un autre
laboratoire C.N.R.S.
R. Fouret a accueilli F. Baert qui a progressivement mis en
place une équipe de détermination précise des structures et des densités
électroniques avec comparaison avec des calculs ab initio. Cette activité
a débouché sur de nombreuses collaborations industrielles. J.P. Lamoureux s'est
reconverti de la diffusion incohérente des neutrons à la RMN et a développé la
RMN des noyaux quadrupolaires utilisée à la caractérisation des Matériaux
Solides.
Avec la nomination de G. Saada, se crée et se développe un autre
laboratoire de l'étude de l'Etat Solide consacré aux défauts dans les cristaux
et leurs conséquences sur les déformations des solides.
Jean Billard, en
connexion avec le Collège de France, introduit l'étude des cristaux liquides qui
continuent à être un thème important du laboratoire.
Le départ pour Paris de
Georges Saada amène comme professeur Bertrand Escaig qui continue à développer
l'étude des défauts dans les cristaux et l'étend à l'étude des défauts dans les
polymères. Une petite équipe autour de Henri Dubois s'intéresse aux mécanismes
de conduction dans la bande d'impuretés dans les semi-conducteurs en présence
d'un champ magnétique. Ces travaux sont effectués en collaboration avec des
laboratoires de Champs magnétiques intenses.
R.FOURET

III - Laboratoire d'
Optique Atmosphérique
Le Laboratoire d'Optique Atmosphérique de l'Université de
Lille a été créé en 1960 par Jacqueline Lenoble, Ingénieur de l'Ecole d'Optique
de Paris. Spécialiste de la propagation de la lumière incohérente dans les
milieux désordonnés, Jacqueline Lenoble a orienté le Laboratoire vers les
applications géophysiques du transfert radiatif : l'observation des atmosphères
planétaires et l'impact de l'énergie radiative sur leur structure et leur
dynamique.
Dans les années 60, grâce à l'extension des Universités et au soutien
spécifique du Centre National d'Exploitation des Océans, le Laboratoire a pu
recruter un dizaine d'enseignants chercheurs et de chercheurs contractuels du CNEXO. Durant cette période, l'apparition d'un premier Centre de Calcul
Numérique sur l'Université de Lille permettait le développement de premiers
outils de simulation numérique du transfert radiatif dans des milieux diffusants
réalistes. Parallèlement, dans le cadre d'études supportées par le CNEXO, le
Laboratoire développait ses premiers appareillages de terrain et mettait en
oeuvre des campagnes d'observation des champs de température de surface de la
mer, puis des pigments chlorophylliens.
En 1975, le L.O.A. a obtenu le statut d'URA
du Centre National de la Recherche Scientifique et commencé à bénéficier d'un
support régulier du Centre National d'Etudes Spatiales. A partir de cette
époque, le Laboratoire a participé de plus en plus activement aux grandes
campagnes de mesure internationales (GATE, NEPHOS, ECLATS, ICE....) et à
l'observation satellitale de la terre, par le biais de co-investigations
scientifiques dans différentes missions spatiales (HCMM, CZCS, SAGE 1, Pionnier
Vénus, SAGE 2, ERBE......). De 1970 à 1980, l'activité du LOA a été centrée sur
trois thèmes principaux : (i) la biosphère marine, autour des structures des
champs de température et des champs de pigments chlorophylliens ; c'est dans ce
cadre que les premières études de télédétection ont été lancées au LOA ; (ii)
les atmosphères de Vénus, Jupiter et Saturne à partir d'observations
télescopiques et des données de différentes sondes spatiales ; ces travaux ont
impulsé des développements originaux du transfert radiatif incluant la
polarisation du rayonnement et l'interaction entre processus d'absorption et de
diffusion ; (iii) enfin, le bilan radiatif terrestre, le LOA participant en
particulier au développement de premiers modèles du climat et de la circulation
générale de l'atmosphère, en y intégrant la prise en compte explicite des termes
d'énergie radiative.
A partir des années 80, la prise de conscience des
problèmes climatiques et la multiplication des expériences d'observation de la
terre ont amené le Laboratoire à délaisser progressivement les applications aux
atmosphères planétaires pour renforcer les travaux concernant deux facteurs
climatiques majeurs de l'atmosphère terrestre : les aérosols et les nuages. La
dernière décennie a été largement marquée par l'expérience satellitale POLDER,
conçue par P.Y. Deschamps qui avait lancé les premiers travaux de télédétection
au LOA dès la fin des années 70. L'expérience, développée par le CNES et
soutenue par la Région Nord Pas de Calais, a été mise en orbite en 1996 sur une
plate-forme spatiale Japonaise. Elle a mis en oeuvre pour la première fois
l'observation spatiale de la directionnalité et de la polarisation du
rayonnement solaire réfléchi vers l'espace. Le LOA a la responsabilité de
l'exploitation scientifique des mesures pour les problèmes concernant la
biosphère marine, les aérosols et la nébulosité. Un second exemplaire de
l'appareil POLDER sera mis en orbite en 2002 sur la seconde plate-forme
Japonaise. Advanced Earth Observation System.
Après 25 ans de direction de
Madame Jacqueline Lenoble puis 3 mandats de Maurice Herman, le LOA est dirigé
par Yves Fouquart depuis Janvier 1998. Le Laboratoire comporte actuellement 17
Enseignants-Chercheurs (dont 3 chercheurs C.N.R.S.), 7 Ingénieurs et Techniciens
et 6 Ingénieurs sous contrat.
Les recherches s'appuient sur un service
informatique, un atelier d'électronique et un atelier d'instrumentation et de
métrologie. Le LOA a développé un système informatique propre à partir de 1980.
Le système actuel, capable de traiter les données de POLDER, bénéficie en
particulier de nombreux logiciels originaux de traitement d'image conçus par les
Ingénieurs responsables du service. Plusieurs de ces logiciels sont largement
utilisés hors du LOA. Les ateliers d'électronique et de métrologie sont à
l'origine des appareillages, au sol, aéroportés ou embarqués sous ballon, mis en
oeuvre dans les campagnes de mesure. Certains des concepts instrumentaux
développés au LOA sont à l'origine de réseaux mondiaux d'observation (réseau
AERONET de surveillance des aérosols ; réseau SIMBAD).
Depuis janvier 1998, le LOA est Unité Mixte de Recherche du CNRS.

IV - Laboratoire de Structures et
Propriétés de l'Etat Solide
L'équipe initialement réunie en 1967 par G. Saada
s'était proposée l'étude de la corrélation entre les défauts de structure et les
propriétés plastiques des matériaux simples (monocristaux). Il s'agissait à cet
époque du tout début de ce que l'on appelle actuellement la "science de
matériaux" et dont les contours n'étaient pas encore bien définis au C.N.R.S.
L'expérience acquise dans le domaine de la déformation plastique, dans la
caractérisation des défauts par topographie X et par microscopie électronique
(effectuée alors à l'IRSID, à Saclay....) fournit à B. Escaig, qui remplaça G.
Saada en 70, l'occasion d'étendre notre champ d'action à une plus grande variété
de matériaux (métaux, spinelles, céramiques, semi-conducteurs...) et
d'introduire différentes techniques de déformation (fluage) et d'analyse de la
thermodynamique de la déformation plastique. Sous son impulsion, le laboratoire
s'équipa de son premier microscope électronique. L'équipe fut associée au
C.N.R.S. en 73 sous la forme d'une ERA.
Il était dès lors possible d'étendre nos
techniques d'analyse et de généraliser les concepts développés lors de l'étude
des monocristaux au cas de matériaux complexes généralement conçus ou abordés
dans d'autres disciplines tels les polymères (cristallins ou non)
essentiellement étudiés par les chimistes ou les matériaux naturels étudiés par
les géologues. Il était également possible d'aborder l'étude du rôle des défauts
de structure sur des propriétés autres que les propriétés plastiques, telles par
exemple que l'influence des défauts sur les propriétés optoélectroniques des
semi-conducteurs. Ce programme interdisciplinaire permit à B. Escaig de réunir
trois équipes de notre université : notre équipe de physiciens, une équipe de
polymérises dirigée par D. Froelich et une équipe de géologues dirigée par J.
Paquet et de proposer au C.N.R.S. leur association au sein du "Laboratoire de
Structure et Propriétés de l'Etat Solide".
Les thématiques du laboratoire se
développèrent très rapidement autour de quatre grands axes : (i) l'étude des
propriétés plastiques ou mécaniques des polymères simples ou composites dirigée
par B. Escaig, (ii) l'étude des propriétés des céramiques à grains très fins
ainsi que leur superplasticité dirigée par J. Crampon, (iii) l'étude des
minéraux comme sonde "archéologique" de l'histoire de la terre dirigée par J. C.
Doukhan, (iv) l'étude du rôle des défauts sur les propriétés de transport et les
propriétés optiques des semi-conducteurs et leurs hétérostructures dirigée par
J. L. Farvacque.
A l'issue du mandat de B. Escaig (12 ans), le laboratoire fut
dirigé successivement par J. C. Doukan (6 ans) qui favorisa le développement de
la microscopie électronique en transmission non seulement au sein du laboratoire
mais également au sein de l'Université (création d'un centre commun de
microscopie électronique), puis par J. L Farvacque (10 ans) qui favorisa le
développement de la microscopie électronique à balayage, à force atomique,
l'introduction massive de l'informatique comme moyen de gestion des expériences
ainsi que l'introduction du calcul numérique lourd.
En dépit de la diversité des
domaines étudiés, le laboratoire trouve son unité dans l'application d'une même
démarche : corrélation entre microstructure et propriétés macroscopiques, dans
l'utilisation et le développement des techniques d'analyse de la microstructure
: microscopies électroniques, microscopie analytique, microscopie à force
atomique. Ces démarches ou techniques d'analyse étant très proches de celles
pratiquées en métallurgie traditionnelle, il était tout naturel que notre
laboratoire s'enrichisse également de l'expérience des métallurgistes de notre
université en incluant pendant quelques années (90-98) l'équipe dirigée par J. Foct. La structure actuelle du laboratoire, issue de la dernière
contractualisation, résulte du départ de l'équipe de J. Foct (qui constitue
maintenant une UMR associée à l'EDF) et de la reprise de sa direction par J. M.
Lefebvre.
J. L. FARVACQUE

ANNEXE I
Enseignement de la physique à Lille 1817-1970
Quelques dates importantes
1817
: 1° Cours municipal de Physique 22 décembre
1854
: Création de la Faculté des Sciences de l'Université de Douai à Lille, Louis
Pasteur Doyen, CA. Lamy 1° titulaire de la Chaire de Physique, 10 étudiants, 300
auditeurs libres
1872
: 112 Admis au bac, 7 reçus en licence es sciences (dont 2 en Science Physique).
1877
: Apparition des maîtrises de conférences destinées à consolider les cours
publics par des exercices, des cours complémentaires, des interrogations
écrites.
1880
: Les facultés sont autorisées à préparer l'Agrégation (réservée jusque là à l'ENS)
1880
: Transfert à Lille des facultés de droit et des lettres de Douai, (à cause de
la diminution des effectifs et des reçus, de la présence à Lille de la Catho...)
et installation de l'Université dans le quartier Saint-Michel.
1887
: Création d'une chaire d'Astronomie
1893
: Création de PCN (ancêtre du PCB) et d'un
enseignement de Physique industrielle,
1894
: Installation de la Physique au 50 rue Gauthier de Chatillon
22/1/1896
: Décret portant réforme de la licence (il ne sera abrogé qu'en 1958) : la
licence est délivrée aux possesseurs de 3 certificats d'études supérieurs (CES),
13 CES sont créés à Lille le 1/7/1896, dont ceux de Calcul Différentiel et
Intégral, Mécanique Rationnelle, Physique Générale...
10 juillet 1896
: Création de l'Université de Lille, créations d'un doctorat mention Sciences et
d'un diplôme d'Ingénieur électricien. Le personnel enseignant de l'Université
est alors constitué de 4 Maîtres de Conférences et de 9 titulaires de Chaires.
1910
: 250 étudiants sont inscrits en Sciences ; ils préparent soit la licence (3 CES
à choisir parmi 15) soit le PCN soit les
concours d'enseignement ou une initiation à la recherche.
1924
: Création du CES de Radio télégraphie qui deviendra le CES de Radio-technique puis radio
électricité et électronique en 1955.
1930
: Création du CES de Physique
supérieure et Astrophysique...850 étudiants.
21/3/1938
: Décret modifiant les conditions d'attribution de la licence es sciences:
obtenir 4 certificats inscrits dans 4 groupes différents dont l'un d'eux (MGP, MPC ou SPCN) doit être
obtenu préalablement à l'entrée en licence.
1938
: Création du PCB.
1945
: 1200 étudiants dont 200 en MGP, 70 en MPC, 80 en Physique Générale.
1947
: Création officielle d'une
année de Propédeutique avec 3 filières Math Générale, MPC, SPCN.
1957
: 2600 étudiants (360 en PCB, 1120 en propédeutique, 700 en licence dont 240 en
Physique Générale, 60 ENSCL, 230 IDN, 9 Doctorats d'Etat, 23 agrégatifs, 20
CAPES...)
1957
: Création du CSU d'Amiens.
Décret du 8 août 1958 : Réforme
des études dans les facultés des sciences (justifiée, entr'autre, par un manque
d'étudiants dans les disciplines scientifiques) la licence es sciences est
délivrée après 3 ans d'études :
- un 1° cycle d'initiation à l'Enseignement
Supérieur
- un 2° cycle de formation scientifique conféré à tout étudiant
justifiant de l'un des 3 CESP Certificat d'Etude Préparatoire) MGP, MPC, ou SPCN
et de 5 ou 6 autres Certificats d'Etudes Supérieures (4 ou 5 obligatoires et un
optionnel)
- 8 types de licences es-sciences sont délivrés à la faculté des
sciences de Lille : Sc mathématiques, Sc mathématiques appliquées, Sc Physique
ou Physique 1, Sc Physique ou Physique 2, Sc de la terre, Chimie-Physiologie
-
les listes de correspondance entre anciens et nouveaux certificats traduisent
l'éclatement du certificat de physique générale en Electricité, Optique,
Thermodynamique et Mécanique Physique, l'apparition des certificats d'Electronique,
de Math 1, Math 2, TMP, MMP -
Juin 1963
: Création d'un centre de
propédeutique à Calais -
4 Novembre 1964
: Création du CESS de Valenciennes -
Décret et arrêté du 19 Août 1964
: Création des DEA et
modalités du doctorat de spécialité (3° cycle). 7 Janvier 1966 : Création des
IUT
22 Juin 1966
: Réforme FOUCHET: mise en forme du 1° cycle sanctionné par un DUES (MP, PC, CB, BG) La maîtrise est
constituée de 4 certificats (2 par an C1, C2, C3, C4), la liste des certificats
est fixée par arrêté ministériel.
30 Août 1966
: Création de l'IUT de Lille 1
1968
: Création du CUEEP (sans structure officiellement reconnue)
21 et 22 Mai 1968
: Première réunion de la commission constituante chargée d'établir les nouvelles
structures de la Faculté des Sciences de Lille.
12 Octobre 1968
: Transformation du CSU de Saint Quentin en Institut rattaché à la faculté des
sciences d'Amiens
12 Novembre 1968
: Loi d'orientation de l'enseignement supérieur. L'Université devient un établissement Public à Caractère Scientifique
et Culturel (EPCSC), création des UER, mise en place d'un CRESER et du CNESSER,
autonomie financière, participation des étudiants aux conseils.
Enseignement 1969-1970.
Les statuts de l'UER de physique s'élaborent, les discussions sur l'enseignement
de la Physique (contenus et contenants) vont bon train, les laboratoires de
recherche sont bien identifiés, les étudiants sont de plus en plus nombreux, ils
se répartissent dans les nouveaux 1°, 2°, et 3° cycles.
1°
cycle : MP1(16 gr), MPC (12 gr), PC1 (10 gr), PC2 (9 gr), CB BG (14 gr) CB2 BG2
2° cycle : maîtrise es sciences Physique
3°cycle : DEA Optique, option Physique
moléculaire, option spectroscopie optique et transfert radiatif, Physique du
solide.
18 Décembre 1969,
arrêté relatif à la constitution des universités de Lille 1, Lille 2, Lille 3,
Journal Officiel du 5 Novembre 1970
: parution des statuts de l'USTL. L'Université de Lille 1 intègre les Sciences Economiques, la
Sociologie, la Géographie et l'IAE. Elle compte 9000 étudiants.

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