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GRANDS SERVITEURS
DE LA FACULTE DES SCIENCES DE LILLE

Benoit DAMIEN
(1848 - 1934)

ELOGE FUNEBRE


Par M. P. DENIS DU PEAGE, PRESIDENT
B.Damien

Le 5 janvier dernier mourait à Aulnoy-lez-Valenciennes, à l'âge de 86 ans, M. Benoît DAMIEN, ancien doyen de la Faculté des Sciences, ancien Président de notre Société : devant ce deuil cruel, nous avons le devoir de nous associer aux regrets que les collègues et amis du savant disparu ont déjà exprimés.

Né le 10 Novembre 1848 à Wallers, où son père était instituteur, M. DAMIEN fit ses études secondaires au collège de Valenciennes, puis au lycée de Douai. Reçu à l'Ecole Normale Supérieure en 1869, il en sortit agrégé des Sciences physiques. Il fut ensuite chargé de cours au lycée de Pau, puis passa comme professeur aux lycées d'Orléans et de Reims, enfin en 1878 arriva en cette qualité à Lille, où sa carrière devait s'écouler désormais. Sa thèse de doctorat sur ce sujet : "La fusions des corps et les indices de réfraction" fut très remarquée et lui valut en 1881 à la Société des Sciences le prix Kuhlmann, décerné pour la première fois depuis sa fondation.

Nommé maître de Conférences à la Faculté des Sciences, M. DAMIEN succéda en 1887 à son maître, M. TERQUEM dans la chaire de physique générale. Il y donna bien vite la mesure des ses moyens ; l'excellence et l'autorité de son enseignement ; la renommée de ses travaux, l'influence qu'il exerçait sur ses élèves attirèrent sur lui l'attention de ses collègues qui le choisirent en 1902 comme doyen de la Faculté des Sciences ; il devait exercer cette fonction jusqu'à l'époque de sa retraite en Octobre 1921.

Malgré la charge absorbante d'un enseignement technique et pratique, M. DAMIEN eût encore l'occasion de manifester son activité dans d'autres domaines ; c'est lui qui eût à installer en 1983-1894, le nouvel Institut de Physique de la rue Gauthier-de-Châtillon ; il fut aussi pendant de longues années professeur à l'Institut Industriel du Nord et Président de la Commission Métrologique du Nord.

Il venait d'être officier de la Légion d'honneur, quand éclata la grande guerre. M. DAMIEN, malgré son âge, sut montrer l'énergie de son caractère pendant l'occupation ennemie ; il réussit à maintenir l'activité de la Faculté, s'ingéniant à protéger les laboratoires et leur précieux outillage contre les déprédations des envahisseurs, et cette citation civile. Mais les épreuves avaient miné une santé déjà affaiblie. Monsieur DAMIEN avait gagné un repos bien mérité ; il prit sa retraite et se retira à Aulnoy dont il avait été maire pendant plusieurs années et où il s'était attiré la reconnaissance générale en se dévouant comme Président de Société de Secours Mutuels.

Des voix plus autorisées que la mienne pourraient vous dire quels furent l'intérêt et le mérite des travaux publiés par M. DAMIEN ; qu'il me suffise de rappeler qu'il écrivit en collaboration avec M. TERQUEM un "Traité de physique expérimentale", puis avec la collaboration de notre collègue, M. PAILLOT, un "Traité de manipulation de Physique", et que divers de ses mémoires furent insérés dans les Annales de Chimie et de Physique, dans le Journal de Physique et dans les Annales de l'Ecole Normale.

M. DAMIEN fut élu membre de la Société des Sciences en Juin 1883 ; il y occupa aussitôt une place importante. Secrétaire pendant 10 ans, rapporteur à plusieurs reprises pour le prix Kuhlmann, il donna lecture de divers travaux dont quelques-uns seulement furent publiés dans nos mémoires ; ce sont des Recherches expérimentales sur les variations de la force électromotrice des piles, puis une série de Communications sur les pluies tombées dans le département du Nord de 1883 à 1888.

Président de notre Compagnie en 1901, il prononça à la séance solennelle un discours sur la télégraphie sans fils ; il y étudiait les divers moyens tentés depuis l'antiquité pour la transmission des nouvelles par signes, consacrait un chapitre très détaillé à l'appareil de Chappe, enfin expliquait longuement la théorie des ondes hertziennes.

Notre collègue fut nommé membre honoraire en 1921, quand il quitta notre ville, mais les liens qui l'unissaient à nous ne furent pas rompus par l'éloignement et vous vous rappelez en quels termes touchants et émus, M. DAMIEN nous remerciait en Juin dernier d'avoir célébré son jubilé académique. Hélas ! ce devait être les derniers rapports que nous avions avec lui.

La Société des Sciences conservera fidèlement le souvenir de ce savant éminent, travailleur infatigable, doué d'une belle intelligence et d'un coeur généreux.

D'après le Bulletin de la Société des Sciences, Texte retrouvé par R. FOURET.





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