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GRANDS SERVITEURS
DE LA FACULTE DES SCIENCES DE LILLE

Charles Frédéric KUHLMAN
(1803 - 1881)

chimiste enseignant et industriel


Par J. HEUBEL
C.F.Kuhlmann

On peut situer le début de l’enseignement supérieur de la chimie à Lille à l’année 1823 donc bien avant la création de la Faculté des Sciences (1854). En effet la municipalité lilloise qui avait instauré en 1817 sur ses propres ressources un cours de physique professé par Charles Delezenne décide l’ouverture d’un cours supérieur de chimie et pour en assurer la qualité demanda à Vauquelin, Membre de l’institut, Professeur de chimie au Muséum et à la Faculté de Médecine de Paris de lui proposer un candidat pour cet enseignement. Cette demande se fit par l’intermédiaire de Delezenne ami de Vauquelin.

L’illustre chimiste choisit l’un de ses élèves, Frédéric Kuhlman un alsacien de 20 ans, qui s’était fait remarquer par ses travaux sur la teinture pendant les trois ans qu’il avait passés dans son laboratoire.

Frédéric Kuhlman né à Colmar en 1803 était le sixième d’une famille de 10 enfants. Son père était géomètre mais il le perdit alors qu’il avait à peine 8 ans et l’on peut penser que cette épreuve familiale contribua à former sa personnalité, marquée par ailleurs par une forte empreinte religieuse. Ce fut un oncle qui s’occupa de ses études. D’abord pensionnaire au collège royal de Nancy, Kuhlmann entreprit des études scientifiques à l’Université de Strasbourg où sa vocation, d’abord incertaine s’affirma.Attiré par l’industrie de la teinture, prospère en Alsace il alla à 17 ans parfaire ses connaissances à Paris au Laboratoire de Vauquelin où il travailla pendant trois ans. C’est là que le destin l’attendait.

Kuhlman occupa la chaire proposé par Lille et commenca à donner ses cours devant un auditoire composé de nombreux industriels et de jeunes scientifiques dès juin 1824. Il avait alors 21 ans son cours fut un succès et l’on compta jusqu’à 300 auditeurs mais il n’était pas seulement un enseignant. Dès 1825 il fonda avec le concours financier de quelques uns de ses familiers et de ses auditeurs une société pour la fabrication de l’acide sulfurique.

La première usine fut ainsi implantée à Loos et la production d’acide démarra en mai 1826 (le 17 mai).. Cette date sera rappelée chaque année par des fêtes champêtres auxquelles étaient conviés ses amis savants, sa famille à laquelle il restait très lié mais aussi toute la population de Loos dont il avait fait la fortune.

Par la suite fut lancée la fabrication de l’acide chlorhydrique, du sulfate de sodium de l’acide nitrique, du chlore et des engrais en même temps que furent implantées de nouvelles usines à la Madeleine Saint André et Amiens.

Entre temps il avait épousé Romaine Woussen en 1831 de Houplines qui lui donna 6 enfants.

Pour le seconder il fit appel à trois alsacien dont son cousin Jeoffroy Hochstetter qui dirigea pendant 45 ans l’usine de Loos.

Parmi ses collaborateurs on trouvera aussi plus tard Charles Auguste Lamy condisciple de Pasteur qui occupa la chaire de physique de la Faculté des Sciences créée en 1854, la même année Lamy devint le gendre de Kuhlmann.

C’est à partir des boues des chambres de plomb de l’usine de Loos qu’il isola le thallium en 1862.

Les travaux scientifique de Kuhlmann, rapportés dans une soixantaine de notes et mémoires portent sur des sujets aussi différents que l’analyse chimique de la racine de garance, l’absorption de l’azote par les végétaux, la synthèse de l’acide nitrique par oxydation catalytique de l’ammoniac, la formation spontanée de salpêtre la consolidation des mortiers la fermentation alcoolique etc...

Il lui valurent d’être élu membre correspondant de l’Institut à l’âge de 44 ans alors que chevalier de la légion d’honneur 8 ans plus tôt il fut promu officier à 51 ans et commandeur à 64 ans.

En 1873 il fonda la Société Industrielle du Nord en souvenir de celle de Mulhouse, annexée suite au traité de Francfort.

Industriel de renom, membre de la chambre de ommerce il en fut élu président à 37 ans puis réélu sept fois dans ce poste.

Faisant partie des personnalités marquantes de la région il rencontra deux fois l’empereur Napoléon III.

Kuhlmann était aussi un patron industriel social, s’insurgeant contre ses pairs, qui ignoraient même les noms de leurs employés.

Il offrait chaque année un banquet à ses ouvriers. Il se tenait au milieu d’eux c’étaient ses filles qui servaient.

Mais il n’était pas paternaliste. Il pensait en effet que “le patron ne doit pas se substituer à l’ouvrier qui doit lui même gérer ses intérêts”.

Malgré ses très lourdes tâches il continua ses cours jusqu’en 1854. Mais il garda des relations avec la nouvelle Faculté des Sciences par l’intermédiaire de son gendre Lamy et du premier titulaire de la chaire de chimie : Louis Pasteur.

Il décéda le 27 janvier 1881 peu de temps avant son fils unique et collaborateur.

Une nombreuse descendance a fait souche dans le Nord parmi laquelle on trouve les noms de Agache, Raguet, Béghin, Barrois, Kiener.....

D’après
Paul Rouzé : Revue mensuelle de la Société Industrielle du Nord de la France 108 ème année n° 751 Edition Palmarès
Yves Lamy : Frédéric Kuhlmann 1803 - 1881 Alpha Copy (Lyon)
Pierre Pierrard la vie ouvrière à Lille sous le second Empire Edition Bloud et Gay





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