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GRANDS SERVITEURS
DE LA FACULTE DES SCIENCES DE LILLE

André MARTINOT-LAGARDE
(1903 - 1986)

VINGT TROIS ANNEES A LA DIRECTION DE L’IMFL


Par G.Gontier
A.Martinot-Lagarde

Né à Versailles le 29 octobre 1903, André Martinot-Lagarde est un ancien élève du Lycée Lakanal de Sceaux ; il obtient le baccalauréat latin-science-philosophie en 1919; agé de 17 ans, il est reçu à l’Ecole Normale Supérieure ; en 1924, il obtient la licence ès science et dix ans plus tard il est nommé Maître de Conférences à la Faculté des Sciences de Lille. A l’invasion allemande de 1940, c’est lui qui est chargé d’organiser entre Lille et Toulouse le repli de l’Institut de Mécanique des Fluides I.M.F.L. ; l’opération s’effectue à bicyclette sur des routes encombrées de réfugiés et, malgré le désordre que l’on imagine, elle se déroule sans le moindre désastre. Après la libération, Martinot-Lagarde revient à Lille où il est invité à prendre la direction de l’I.M.F.L., fonction qu’il va continuer d’exercer pendant près d’un quart de siècle, de 1945 à 1968 plus précisément.

Sitôt revenu, Martinot-Lagarde prend conscience de l’immense tâche à accomplir : il faut réorganiser l’enseignement et la recherche, remettre en état les installations, poursuivre les travaux interrompus, trouver de nouvelles orientations d’activité. Les difficultés ne manquent pas ; l’une d’elles, non la moindre, consiste à trouver les ressources nécessaires au financement du travail effectué par le personnel contractuel. C’est auprès de l’O.N.E.R.A. que Martinot Lagarde négocie en 1947 la succession du contrat passé précédemment avec le G.R.A. qui maintenant n’existe plus ; mais en 1950 l’O.N.E.R.A. se trouve dans l’obligation de regrouper ses installations: une partie du personnel de l’I.M.F.L. est alors mutée dans la région parisienne, une autre en Savoie, tandis que les quelques personnes qui restent à Lille sont, sous la responsabilité du directeur de l’I.M.F.L., payées par le produit des recherches exécutées pour le compte d’organismes privés ou publics, notamment la Direction Technique des Constructions Aéronautiques (DTCA) au Ministère de la Défense Nationale. C’est ainsi qu’une étude est entreprise pour équiper la soufflerie sonique d’un interféromètre à biprisme de Wollaston. De même une station d’étude des rafales verticales est installée en 1962 et quatre ans plus tard un terrain est acheté sur lequel sera exploitée une piste d’atterrissage et sera construite une soufflerie verticale pour l’étude de la vrille des avions dans une veine d’expériences de diamètre 4 mètres.

Bien que les lourdes charges administratives ne laissent que peu de liberté pour la réflexion scientifique, Martinot-Lagarde ne néglige pas ses devoirs d’enseignant et de chercheur à l’Université : ses principaux sujets d’étude se rapportent aux grandeurs physiques dites sans dimension, aux régles de similitude qui jusitfient l ’expérimentation sur maquettes, aux principes de la thermodynamique, à la logique en théorie des ensembles ; mais il touche aussi à l’optique, à l’étude des écoulement supersoniques par la méthode mathématique des caractéristique, à l’hydraulique, à l’automatique, à la météorologie, à la turbulence en aérodynamique. Le rapport O.N.E.R.A. intitulé “Analyse Dimensionnel, Applications à la Mécanique des Fluides” est publié en 1948 et connait un très vif succès. En 1960 Martinot-Lagarde est promu au grade de professeur et la même année il obtient le grade de professeur titulaire de chaire. Lors des réformes universitaires qui font suite aux événements de 1968, il se propose spontanément pour enseigner la mécanique élémentaire en premier cycle, une façon originale d’approuver les nouvelles méthodes pédagogiques. Durant les années 1969-1970, en collaboration avec le professeur Edmond Brun et avec Jean Mathieu, il publie les deux tomes d’un ouvrage de synthèse sur la mécanique des fluides : en 1971 un troisième tome est publié sous le titre “Thermique Classique et Introduction à la Mécanique des Evolutions Irréversibles”.

Le professeur André Martinot-Lagarde est décédé le 12 novembre 1986 à Paris. Il est titulaire de la médaille du mérite décernée en 1953 par l’Université de Liège ; c’est la même année qu’il reçoit le prix Bourdon de la Société d’Encouragement à l’Industrie Nationale. il obtient le prix Kulhmann de la Société des Sciences de Lille en 1954, le prix Gegner de l’Académie des Sciences en 1958. Il est promu Chevalier de la Légion d’Honneur en 1960 et Commandeur de l’Ordre des Palmes Académiques en 1964. Il obtient en 1966 le prix Descamps Crespel de la Société Industrielle de Lille. Ceux qui ont connu le professeur Martinot-Lagarde conservent de lui l’image d’un homme simple, loyal, généreux et d’un bonté sans limite mais aussi sans faiblesse. Le personnel de l’I.M.F.L. travaillait comme on peut le faire dans une entreprise familiale : nul besoin d'une discipline contraignante, la confiance réciproque en tenait lieu et c’est bien au directeur Martinot-Lagarde que de telles relations de travail avaient pu s’établir. Scientifique, Martinot-Lagarde exposait avec méthode et rigueur les résultats de ses recherches ; cultivé, il se montrait curieux d’histoire à propos des sociétés de la plus haute antiquité ; philosophe, il prenait le plus grand soin à vivre en parfait accord avec ses plus intimes convictions.





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